Publié le 12 Mars 2017

Enfin, le Pont Colbert continuera de tourner dans le coeur et dans les yeux des amoureux du patrimoine par un arrêté préfectoral reçu le 7 mars par le Maire de Dieppe.

Le Pont Colbert est inscrit à l'inventaire des monuments historiques.  Il fera l'objet d'une restauration.  

Il reste à ce qu'il soit classé à l'inventaire des monuments historiques pour obtenir le maximum de protection.  Alors, restons sur le pont et envolons-nous au-dessus des flots avec le pont Colbert.  Bravo aux Dieppois et à tous ceux et celles qui ont participé et participent encore à ce projet de mobilisation citoyenne.

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 2 Mars 2017

A la lecture de lettres, cartes et écrits d'une branche de la famille Leon Feldmann, je vous invite à découvrir le parcours d'Albert Feldmann, sergent lors de la guerre de 1914.

Par ses mots, rejaillissent des élans de tendresse, une fine observation de la nature humaine, et l'espoir que l'humanité ne se perde point dans les pires moments.

http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article2973

Enfin  je peux causer un instant avec toi

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 1 Janvier 2017

Un cheval sur une caisse en bois dodeline alors que les plaines se rétractent, les déserts s’assèchent, les incendies irradient, les pâturages deviennent mirages, plus d’espace pour les chevauchées sauvages.

L’ours polaire, debout sur son minuscule cube de glace, crie « A l’abandon ! »

Un homme emporte dans une valise en carton sa vie, son village inondé.  Voyage du silence, rencontre avec des veilleurs de chagrin.

Un cygne noir et blanc, les ailes goudronnées, reflets voilés sur l’eau.

Une barque, trois hommes à bord, appareils photos, cherchent l’ours polaire, chassent le cheval, pistent un trésor, en désespoir, caressent les plumes d’un oiseau. 

Du sud au nord, le climat altère à grande vitesse, à l’échelle miniature, les printemps devenus presque éteints, les nuits d’été en jours de pluie, l’éclat flétrit des feuillages pourpres, les  mousselines des neiges de plus en plus effilochées.

La plage est déserte.  Mer grise et pâleur du jour.  Soudain, un maillot rose surgit des vagues, des jambes de poupée dessinent un arc-en-ciel, Oh ! Comme le ciel s’éclaircit !

Le paysage culmine sur un rocher au dos rond, tout autour l’écume blanche et mousseuse, une île au futur.  Châteaux de sable mouillés, troncs blanchis échoués sur la vase de la grève, traces de pas à contre-marée, prénom écrit sur la plage – EM.

Hapsalu Cheval de bois, ours polaire, plage déserteHapsalu Cheval de bois, ours polaire, plage déserte
Hapsalu Cheval de bois, ours polaire, plage déserte

Hapsalu Cheval de bois, ours polaire, plage déserte

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 4 Décembre 2016

Après une bataille de 7 ans contre les institutions qui voulaient le remplacer, le pont Colbert (pont du Pollet du temps de Paul ALEXANDRE, ingénieur en chef de la réalisation du pont Colbert) sera  inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, puis classé Monument Historique ce qui lui apportera le plus haut niveau de protection. La Commission Régionale du Patrimoine et des Sites de Normandie a émis un avis favorable le 29 novembre 2016.
 
Il avait été désigné en mars 2016 comme un des 7 sites patrimoniaux européens les plus en danger par l'organisme européen 'Europa Nostra' qui regroupe plusieurs centaines d'associations européennes oeuvrant dans le domaine de la protection du patrimoine et soutenue par la Commission Européenne et la Banque Européenne d'Investissement.
 
Le pont Colbert est le dernier pont tournant en Europe fonctionnant avec sa machinerie hydraulique à eau douce datant de sa construction et avec son système de commande qui date également de cette époque.
 
Bravo aux Dieppois, à la la Maire de Dieppe, aux amoureux des ponts qui relient les hommes et les mémoires, aux arrières petits fils et petite fille de Paul Alexandre !

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 15 Novembre 2016

Un déménagement est toujours une coupure, il peut constituer une césure si le nouveau décor est aride, et le lieu semblable à une anse de béton accrochée au navire sans eau.

 

Des boîtes blanches, bien fermées, rivées le long du couloir, ce couloir qui conduit à la fontaine à eau, aux ascenseurs ou vers la montée dans les paysages des métiers.  Des bennes, bouches béantes, prêtes à engloutir expertises et bilans.  La photocopieuse devenue silencieuse.  Le bruit des tasses à café dans ce dernier « no mans land ». 

Aller et venue des déménageurs, cartons trimballés jusqu’aux camions.  La porte d’entrée grande ouverte, personne ne passe par les portillons, à quoi bon ?  Tous à fouler le sol de marbre recouvert de bristol.  Même l’ascenseur s’enroule de couvertures  pour nous rappeler le départ. 

Décor de carton-pâte. 

Une sensation de « pas  encore partie » dans ce vide qui se vide au goutte à goutte.  Des sourires, des au revoir, des claquements de mains, jeux de gamins, et toujours la préoccupation d’imprimer le dernier rapport avant l’heure.

Déjà ailleurs, tout en étant encore ici. 

Esseulés des gares, esseulés des départs. 

S’inscrire à l’intérieur d’un monde qui disparaît dans l’affaissement des pas, des voix.

Se mettre au vert.   

Aubert, ne vois-tu pas le dernier coup d’œil au Trocadéro, au musée de l’Homme, au soleil doré du Péninsula ?  Et nos pas sur les Champs Elysées, l’espace d’une pause, nous étions voyageurs.  Place Victor Hugo, nous cherchions les mots qui inspirent au repos sans le « J’accuse ».  L’espace et le temps, aucune configuration n’est durable. Chacun se constitue une géographie personnelle, sentimentale.

 

Et maintenant, dans ce bureau paysager, sans porte ni cloison, l'espace s’anime de mouvements, de passages, de paroles. Et les voix rebondissent dans le vide du paysage sans fleurs, sans montagne ni cours d'eau, elles pénètrent les pensées, bruinent l’effort à la tâche.

Le souffle coure se mettre au vert. 

Aubert,  où se trouve la mer ?

Mais nous verrons la pluie, la brume, la neige, et tous les météores survoler le Sacré-Cœur, « le Sacré-Cœur, le baromètre de l’âme », disait Jean-Jacques Rousseau.  Dans la forêt minérale, loin des bouleaux, au cœur des bureaux. 

Chihuly, poète du verre

Chihuly, poète du verre

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 22 Septembre 2016

 

Un article sur le général André Boris, dont la carrière est faite de loyauté comme en témoignage les souvenirs et les décorations que nous portons à la connaissance des généalogistes dont certains de leurs ancêtres ont vécu les deux guerres. Nous avons retracé le parcours du général Boris, en exploitant les archives familiales, dont certaines sont déposées au Service historique de la Défense à Vincenne  afin qu’il entre comme tant d’autres, encore inconnus, dans « l’ère de la commémoration ».

La parentèle du général Boris Illustre les divers réseaux qui s’entrecroisent dans les trajectoires de vie : un militaire de carrière, René Alexandre (1864-1932), une personnalité du patrimoine industriel maritime, l’ingénieur Paul Alexandre (1842-1921), concepteur du Pont Colbert de Dieppe dont l’avenir mobilise les Dieppois, un homme politique, Georges Boris, son cousin, directeur de cabinet de Léon Blum en 1938, et enfin, lié à la famille du général Boris, Paul Léon, sous-secrétaire d’état aux Beaux-Arts (1874-1962).

 

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 27 Août 2016

Un agréable moment en Bretagne, avec un brin de folie !

 

Tout s’était bien déroulé jusqu’à l’entrée de la salade.  Les moules, juteuses et charnues, se mariaient bien avec le vin blanc, les melons, sucrés en cette saison, fondaient dans la bouche en laissant une fraîcheur à peine perceptible sous les papilles.  Bref, j’avais la sensation d’être à ma place, en présidant la table champêtre, seule personne du genre masculin parmi ce trio des grâces.  J’y trouvais même un confort viril.  

 

La romaine prit place dans un plat de porcelaine émaillée.  En la tournant, je vis une aura verdâtre qui lui donnait des formes et je songeais à la signification de cette couleur : "le vert a besoin d'un complément pour s'accomplir, le vert a besoin d'être dans l'action."   Aussi, je tournais et retournais la Lactuca plusieurs fois, les convives étant attirés par le soleil qui irradiait la pointe de la Garde Guérin.  Je servis les dames, puis je déversais quelques feuilles dans mon assiette, du Quimper, remarquais-je, avant de les déposer sur la demoiselle bretonne, tout en évitant d’écraser sa coiffe.

 

 "Le vert a tendance à vouloir impliquer les autres."  Je n’arrivais pas à me dégager de cette idée qui nourrissait mes pensées.  Sans y prendre garde, je pris l’essuie-main, vert pomme, froissé par l’humidité des Cancalaises, et, tel un créateur de modèles, je me mis alors à l’action.  Voilà la serviette transformée en un frou-frou drapée de la laitue pommée !  Je pris des feuilles tendres aux nervures pennées et les dressa sur le bustier juponnée de la serviette.  Hélas, avec la morphologie et les hanches gonflées de la scarole, le justaucorps tombait à plat, sans poitrine. 

 

J’appuyais frénétiquement avec ma fourchette et mon couteau comme si je maniais des épingles qui virevoltaient  pour l’essayage, mais les corps glissaient comme de la soie.  Je poursuivais, appliquant le sur-mesure pour une efficacité gustative. Effeuiller, encore et encore ! Je confondais alors le vert olive avec le vert citronné imbibé par l’eau de mer des mollusques. Déchiquetant les éléments, courant sur l’assiette pour rattraper les épaves dont certaines passaient  par-dessus bord,  je cherchais désespérément le tombé parfait d’une robe émeraude. 

 

Surgit alors la maîtresse des lieux qui revenait de la cuisine : « mais, que fais-tu avec ta serviette ? »  A cet instant, mon cerveau reptilien se dissimulait  dans un vert pâturage car je me trouvais, voyez-vous, en manque de réplique.  L’essayage avait pris fin, le verdict tombait : j’avais confondu la serviette de papier et la laitue !  Ma tête se couronnait alors d’une corolle de supplices, pire, je m’imaginais en marin, esquivant les embruns.  Heureusement que la serviette n’était pas assortie à la nappe !  Et même si tel avait été le cas, j’avais composé une œuvre où souvenirs et plaisirs se mélangeaient à la joie de tous.

Laitue, salade

Laitue, salade

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 12 Août 2016

On dirait deux frères aux mêmes tournures, épinglés de fer, nés pour supprimer les distances, rapprocher l’un par rapport à l’autre. Le premier - Oskar - est à Liepaja en Estonie, le second - Colbert - est à Dieppe en Normandie. Tous les deux tournent pour laisser passer Baltans, Fanatas, Jussys, ces voiliers d’été qui sillonnent les mers. Oskar et Colbert sont du même moule, ils invitent à changer nos regards lorsqu'ils glissent sur l'eau.

Alors les rêveurs posent pied dans leur tête.

Les ponts tournent, sans bruit.

Oublier le souffle de la ville.

Respirer profondément lorsque la colonne dorsale des ponts ne fait plus le dos rond.

Colbert et Oskar sont munies de toupies pour faire tourner dames poutrelles sur le chenal pendant que sur le pont des bateaux, les plaisanciers s'activent au gouvernail. Tous les drapeaux du monde se déroulent au vent comme cerfs-volants pendant qu'Oskar et Colbert déploient leurs ailes pour toucher le coeur des citadins et celui des marins.

A gauche : pont Oskar Kalpaks drawbridge - Liepaja Estonie ; à droite, pont Colbert - Dieppe, NormandieA gauche : pont Oskar Kalpaks drawbridge - Liepaja Estonie ; à droite, pont Colbert - Dieppe, Normandie

A gauche : pont Oskar Kalpaks drawbridge - Liepaja Estonie ; à droite, pont Colbert - Dieppe, Normandie

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 2 Août 2016

Visite d'EUROPA NOSTRA sur le pont Colbert à Dieppe du 31 Mai au 2 Juin 2016. Intérêt international porté au Pont Colbert, sa singularité technique et patrimoniale en font une architecture à conserver, à protéger et à restaurer.

“The Colbert Bridge is the largest swing bridge still operating in Europe with its original mechanism. Its equipments, fully hydraulic, are of a great elegance and simplicity. Apart from the replacement of the steam pumps with electrical pumps in the 20s, the entire mechanism from 1889 is still intact and has been preserved, as well as the bridge itself, almost all its authenticity and integrity.

Rédigé par Michèle Champagne