Publié le 25 Avril 2015

Dieppe, samedi 18 avril 2015, Place du Puits-Salé. Jour de marché. Les cloches résonnent dans la Grande Rue. Un fourmillement de bruits, d’odeurs, de silhouettes déjà vêtues comme aux beaux jours d’été lézardent en dégustant des yeux, les fruits, légumes, poissons, fromages. Les mouettes foncent au bord de mer alors que des gens s’amassent autour de musiciens au son du Tam Tam. Je me fraye un chemin entre la foule pour voir ce qui vibre. « C’est pour le pont Colbert, sauvons le pont ! » Le marché dresse ses étales de tous les côtés, des caddies se chevauchent, roulent, resquillent en ce lieu devenu le centre qui fourmille de cigales dès les premières chaleurs. « Radio Pont Pont » est sur le pont, le journaliste vêtu de sa veste rouge, d’un pantalon moutarde et d’un chapeau haute-forme interroge un passant : « Pour vous, le pont Colbert, c’est important ? » L’homme le regarde comme un fossile, figé dans sa mémoire, il cherche une réponse. Puis, il retire sa main de sa poche, la porte à sa bouche avant de dire : « Le Pont Colbert, mes premières amours. C’est là que j’ai embrassé pour la première fois une fille... » « Alors, recommencez, venez à 13 heures sur le pont avec toutes les personnes qui tiennent à garder en vie le Pont Colbert. »

Les Tam Tam se taisent, la cornemuse prend le relais. Des papillons de tracts se posent sur les mains des passants : « CASSE PAS MON PONT ! OUI A SA RESTAURATION, NON A SA DESTRUCTION ! Rassemblement à partir de 13 heures. » Les animateurs coiffés de chapeaux corsaires aux couleurs orange, jaune, blanc, vert, suivent le cornemuseur et entrainent dans leur marche dieppois et touristes. Des voix s’égosillent « Venez à 13 heures au Pont Colbert ». « On est d’accord. » « J’habite en face du Pont, je vais venir. » Un chien berger tire son maître vers le défilé, le bus « Beau Soleil » klaxonne. Suivre l’itinéraire jusqu’au Pont Colbert. Sur la petite place, juste avant le Pont, une scène est montée, un groupe entonne des chants marins, des stands de galettes et de boissons, des brochures, des affiches sur le Pont Colbert, des cyclistes, jeunes et moins jeunes fourmillent. Des rubans aux couleurs vermillon, bleu mer, jaune tournesol, vert d’espoir sont vendus pour habiller le pont, lui donner les couleurs du cœur. Des amas de gens un peu partout, une voix couvre les bruits : « le Pont Neuf, le Pont du Gard, le Pont de Vaison-La-Romaine, le Pont de Millau, le Pont Vecchio sont avec nous. » Un brouhaha d’appels à signer la pétition, à soutenir le pont.

Soudain, un bateau apparait ! C’est alors que le Pont Colbert se met à tourner, il glisse au-dessus de l’eau malgré sa masse de fer, des cris d’admiration, des applaudissements, couvrent la musique, des appareils photos, des téléphones portables, à bout de bras, suivent la danse du Pont. Oui, le Pont Colbert est vieux et beau ! Il s’arrache au paysage un court instant, juste ce qu’il faut pour que le bateau traverse devant un public qui devient silencieux, comme s’il était au spectacle. Le Pont retourne et se referme, il entre en un sommeil, en un repos qu’il partage avec les passants et les voitures, sur son vieux dos. Des rubans flottent au vent sur les croisillons du Pont Colbert, des écrits « Pont Colbert, on t’aime ! »

Le Pont Colbert est vivant. Il vit au souffle de la ville !

Le printemps du Pont ColbertLe printemps du Pont ColbertLe printemps du Pont Colbert
Le printemps du Pont Colbert

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 18 Mars 2015

Thriller qui se passe dans le milieu de l'art, au Portugal et en Afrique
Thriller qui se passe dans le milieu de l'art, au Portugal et en Afrique

Une piste en Afrique...

Loin de se sentir traître à ses idées, Juan Vercial, sculpteur, sombre peu à peu dans les méandres du crime désorganisé avec ses amis, anciens guérilleros.
Défenseur de « l’art rebelle », Juan s'oppose aux galeristes, aux commissaires-priseurs, et à tout ce petit monde qui traficote. Même l’amour ne l’empêchera pas de se détourner de l'objectif qu'il s'est fixé. Seul Michel Janbart, d’Interpol, guidé, lui aussi, par un idéal, parviendra à faire « voler en éclat les trésors cachés dans la pierre ». Dès lors, la vérité éclatera, brillante et brûlante.

La mort attend toujours son dû.

Pour en savoir plus, je vous invite à lire mon livre, La Sculpture complice....

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 25 Janvier 2015

Sauvons le Pont Colbert de Dieppe, le seul pont tournant en Europe. Conçu par l'ingénieur des Ponts et Chaussées, Paul Alexandre, en 1889, inauguré en 1925, ce pont est menacé de destruction aujourd'hui.

"Unique également son mécanisme d’origine, dont l’illustre « cousin » est celui de Tower Bridge à Londres (intégralement conservé – automatisé en 1970)".http://www.pontcolbert.fr/a-propos-du-pont/

Merci de votre soutien.

 

 

Sauvons le Pont Colbert

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 21 Décembre 2014

Crédit photo : Ph. Léon

Crédit photo : Ph. Léon

Au cœur du navire, il est là, blottit, l’homme au bonnet bleu. Il colle son oreille contre la coque ; un craquement sourd et caverneux, des tirs, le bruit des coutelas que les pêcheurs dégainent sur la banquise. Est-ce le navire qui se meurt dans les glaces, son ventre que l’on éventre, ou celui des manchots et des baleines ?

Nuit froide.

Dans sa poitrine, des bruits de grêle. Les lèvres gercées cachent la parole givrée. Un goût amer coule dans sa gorge. La pluie s’épanouie dans ses yeux. Oublier pour une nuit, chasseurs, glaciers, Adélie...

Encore une longue nuit. 

Le pont n’est plus que muraille, la coque grince, les cordes s’éraillent. Le bonnet bleu de l’homme rigole entre ses doigts. Le marin rêve. Sous la grande vague d’une mer lointaine et chaude, son corps plonge, en chute libre, le temps d’un songe. Les albatros volent, barrant le ciel, un souffle bien-aimé réchauffe son visage rougeâtre. Le voilà fébrile au creux de la nuit, son bonnet vogue entre ses genoux. Toucher le ciel, bleu aigue-marine, bleu de minuit, bleu d'outre-mer. Suivre le fil du cerf-volant comme lorsqu’il était enfant, la corde visible au doigt, l’oiseau magique devenu minuscule, invisible au ciel. Jeunesse soufflée par les vents. Est-ce le rêve qui s’écroule d’un seul souffle ? Même tombé, l’écho serpente au fond des fjords, la gueule de l’ours blanc s’ouvre !  Grimper au troisième mât du navire, moussaillon !

La lune brille, aussi blanche que la neige.

Les mains du marin se crispent, la peur scintille sur son front, la pluie coule sur son dos, et cette blessure au cœur rallumée aux heures sans jour...  Adélie, ce prénom marqué sur la conque du navire. Les glaces ne dorment jamais, elles respirent, s’étirent, se chevauchent sur la lande poudrée. Le jour n’est que mirage. Et dans le rêve, voir le ciel, la lumière comme clapotis sur l’eau ! Au pays des glaces éternelles, le marin ancre sa vie.

La nuit touche à sa fin.

Publié le 12 Octobre 2014

Des rêves, comme le souffle d'une calligraphie, dans la nuit...

1ère nuit, Shôki, le chasseur de démons

Au couchant…

Un guerrier chinois chevauche un cheval de papier pour chasser les démons. Sous la grande écume qui fume au large de la côte d’Opale, le ressac remonte et dresse ses tentacules de mousseline.

Le temps s’éclabousse... présent, futur et passé  fondent dans le brouillard, le cœur sautille aux lèvres.  Disparus, les continents ! 

Au creux de l’océan, un navire se hisse, porté par les monts blancs de la houle.

Le vaisseau d’or devient flottant.

La pointe du jour éteinte, l’angoisse respire, la nuit s'éclaircie,  les lames se brisent sur la muraille de Chine. C’est alors que rebondie sur le mur de ma chambre, une lumière voilée et vibrante qui coule sur mes joues. Surgit du brouillard, Shôki avec son étendard pointé vers le ciel qui galope sous les fleurs du prunier. A peine né, le jour se détache en grappe de raisins. A l’horizon, dégagé des tempêtes, le vaisseau d’or coiffé d’un arc-en-ciel poursuit sa route, toujours vers les lointains. L’espoir vrille sur l’eau comme feu d’artifice, du temps où je sentais votre corps, tout près.

Le démon s’endort, le guerrier rentre, blessé, retrouver les dieux d’allégresse.

En ce jour nouveau jusqu'au couchant.

2ème nuit, Veshakaaran, le danseur de la nuit

Le jour tombe dans la lune qui s’éveille. Un homme souffle dans un coquillage. Ma tête plonge dans l’oreiller, le rideau se lève.

Au pays des Esprits, les couleurs soufflent la vie. Des tapis recouvent la scène, un jeune homme jongle avec des balles, les poudres de maquillage sont disposées sur le sol dans de petits bols. Deux ans pour apprendre l’art de marier les couleurs du fond du coeur : l’huile de coco et le curcuma donnent naissance au jaune, le poivre et la poudre de riz réveillent le noir.

Un danseur entre, habillé d’un pagne blanc, le visage peint en vert, le front safrané. C’est Jayanthan, le guerrier dévoué à la paix. Le jongleur quitte ses balles pour allumer une lampe. Lalitha surgit, le visage doré, les yeux à demi-fermés, soulignés de traits d'ébène, la bouche empourprée, une arabesque coule sur ses joues, un point rubis en guise de continent sur son front.  Du moindre de ses mouvements émane l’odeur de fleurs d’oranger. Derrière son dos, le démon Naraka brûle sous son masque ténébreux et enflammé. Jayanthan lutte contre la force maléfique de Naraka, et le pousse, dans un dernier assaut, au creux de la terre.

Tintement de clochettes, battements de tambours, la cithare fait place à la flûte, les danseurs glissent sur le sol,.  De leurs yeux, ils dansent, leurs mains traversent l'espace, descendent vers leurs ventres,  se hissent sur leurs poitrines, dressent des coupoles entre ciel et terre.  Neuf silhouettes aux neuf visages de l’être humain.  Les corps se déplient, se grandissent, touchent les cieux pour exprimer …

le chagrin-  la fureur - le courage -  la peur  - le dégoût - la joie - l’émerveillement  - l’amour  -  la paix.

Neuf vies, imaginées dans la nuit, dansent au-delà du rivage. Jayanthan séduit par la beauté de Lalitha renaît de son combat, et meurt en laissant Lalitha rejoindre Shiva, le roi de la danse.

Dernier souffle sur l’oreiller comme dans un coquillage avant la marée.

Shokî, le chasseur de démons, Lalitha au visage doré, Naraka le démon, Jayanthan, le guerrier dévoué à la paix Shiva le roi de la danse
Shokî, le chasseur de démons, Lalitha au visage doré, Naraka le démon, Jayanthan, le guerrier dévoué à la paix Shiva le roi de la danse
Shokî, le chasseur de démons, Lalitha au visage doré, Naraka le démon, Jayanthan, le guerrier dévoué à la paix Shiva le roi de la danse
Shokî, le chasseur de démons, Lalitha au visage doré, Naraka le démon, Jayanthan, le guerrier dévoué à la paix Shiva le roi de la danse
Shokî, le chasseur de démons, Lalitha au visage doré, Naraka le démon, Jayanthan, le guerrier dévoué à la paix Shiva le roi de la danse

Shokî, le chasseur de démons, Lalitha au visage doré, Naraka le démon, Jayanthan, le guerrier dévoué à la paix Shiva le roi de la danse

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 15 Août 2014

Imaginez que pendant la nuit, dans une librairie, des livres se font la malle, certains valsent, d'autres chahutent, certains prennent l'autoroute non numérique pour tracer une carte imaginaire, celle des mots, portés par les vents, au-delà des murs, alors que chacun de nous dort, ou pire encore, les grands s'endorment sur leur livre ouvert, fenêtre fermée, émerge que le tintement des voyelles et consonnes qui s'entrechoquent...

De tout cela, n'avez-vous pas le goût de lire à travers les lignes ce monde imaginaire qui coule en phrases délaissant les paragraphes à la vitesse de l'imagination ?

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 14 Juillet 2014

Est-ce la lumière blanche de la pleine lune ou les grêlons du sud tombés en plein été qui ont propulsé des entrailles de la terre le ventre de la mine sur la promenade plantée ? Aucun passant ne remarque ce wagon gonflé de terres et de pierres prêt à dévaler son butin dans les entrailles du Sahel. Où sont passés les orpailleurs d’Afrique ? Ici vont et viennent les travailleurs costumés de la Défense, les cyclistes rétropédalant pour retarder l’horodateur des neuf heures, les femmes toutes voiles dehors fonçant avec leurs poussettes, les enfants tirés par la main qui les guide vers la crèche ou l’école pleurant à qui veut bien les entendre. Suis-je la seule à remarquer la mine blottie dans les fleurs et les arbustes ? On dirait une forêt peuplée d’Elfes qui sortent au couchant, voitures et piétons rangés, rentrés. Et la mine, l’entendez-vous malgré la rame du métro Bel Air, les bouteilles de verre que l’on met aux rebus, la sirène d’une ambulance dévalant sur l’avenue Netter ?

Lundi, jour d’orage. Les parapluies sautillent sur la coulée verte, la pelouse boit l’eau, le ventre de la mine se gave de boues avant de disparaitre. Je jette un dernier regard avant la montée, les rails crissent sous la pluie, le fourgon s’enfonce sous le pavé. Le reverrais-je demain ? Le soir, tout est sombre, impossible de le distinguer, les buissons l’entourent et l’enserrent. Pénétrer dans cette forêt en pleine nuit ? A moins que des chevaux sauvages tirent les wagonnets vers le souterrain à la tombée du jour ?

Mardi, jour d’éclat. Les merles picorent entre les fleurs, le jardinier arpente la trame verte avec ses outils. Le wagonnet est toujours là, chargé de son butin, il tremble sur ses rails. Mais non, c’est le vent qui agite les buissons. Quelqu’un a dessiné un oiseau sur son ventre comme si on voulait lui donner le pouvoir de s’envoler au bout du rail, décoller de la coulée verte pour gagner au-delà du bois de Vincennes, l’Afrique et ses mines de diamants. Le fourgon sera-t-il encore parmi nous demain ?

Mercredi, jour gris. Les feuillus s’ouvrent entre les nuages, un coin de ciel bleu, minuscule comme les pépites d’or dessine une trame bleue. La voiturette du jardinier est au bout de l’allée. Le wagon silencieux attend qu’on lui livre ses victuailles, il respire en douceur pour ne point dessiner buée sur les fleurs. Grise mine, aujourd’hui la rouille le taraude sur les hanches, les roues grincent pour accompagner la tristesse grisâtre. Attention au coup de grisou !

Jeudi, jour d’été. Chaleur, brise légère, je dévale l’allée verte comme si j’étais sur la plage, du sable fin sur les joues, la mer dans la tête, et du bleu, du vert, partout ! Me voici au bord de la falaise surplombant fleurs, arbres, graminées, et les hortensias, blancs comme l’écume des vagues. Et la berline resplendit, brille de toute sa carapace d’acier, les pierres luisent comme des galets. Un air de vacances flotte sur la coulée verte, seul le jardinier tourne le dos à la mer et à ses rivages occupé à ses moissons en toute saison.

Vendredi, dernier jour de labeur. Dès le matin, déjà au pas de course à penser aux activités du week-end, un coup d’œil rapide au wagonnet qui fume au rythme des coureurs.

Samedi, la ville se réveille doucement. La coulée verte, déserte, s’étire le long de l’allée, le caisson refait surface entre les buissons, pique du nez pour renifler l’odeur de l’herbe, les insectes prennent d’assaut les plantations, grimpent sur le dos des troncs d’arbres, les fleurs babillent dès la rosée du matin.

Dimanche s’écoule sur la coulée verte avec les coureurs, cyclistes et promeneurs. Les uns regardent au-dessus de l’épaule les plantations, d’autres en pédalant reniflent le parfum du terroir, le wagon se repose, vidé, prenant le soleil fragile qui apparait entre les feuilles des arbres. La mine laisse son empreinte aux citadins, elle récupère les espaces verts le temps d’un concours. Et le jardinier, s’extirpe des fleurs, se déplace de-ci de-là entre la mine, sa création, et le palais de son labeur.

Création du Jardinier rue du Sahel Coulée verte Paris, concours 2014 -Merci d'embellir la ville
Création du Jardinier rue du Sahel Coulée verte Paris, concours 2014 -Merci d'embellir la ville
Création du Jardinier rue du Sahel Coulée verte Paris, concours 2014 -Merci d'embellir la ville

Création du Jardinier rue du Sahel Coulée verte Paris, concours 2014 -Merci d'embellir la ville

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 8 Juin 2014

Pour tous ceux qui ne veulent pas oublier la mémoire des illustres, aussi bien connus qu’inconnus, je vous invite à signer cette pétition contre la destruction d’arbres centenaires et la mémoire de Michel Lévy, médecin militaire pendant la guerre de Crimée 1854-1856, surtout en cette année de commémoration du débarquement.

Nous savons bien que la réalité oblige, mais n’oublions pas, la mémoire

Qui d’autres se souviendront passés les trépas numériques ?

Ne pas refuser le progrès, les contraintes.

Ne pas oublier notre devoir de mémoire.

Merci de votre soutien.

 

 

 

 

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 20 Mai 2014

Il est du temps au temps qui parle du temps

Comme billes de verre en hiver malgré les ans

Gelées les années givrées de jeunesse

En allégresse s’en vont sur des traineaux sans chevaux

Et sur un banc au soir d’un printemps tardif

Que disions-nous des rêves sous les ifs

A trop espérer nous devînmes rêveurs éveillés

Et maintenant sans scrupules sous la brise d’été

Nous voici envolés vers de nouveaux espoirs

Toi déesse et moi dieu des océans sur le Loir

Laissons vie et dérives en plan

Enfin descendons le courant

Au couchant couchons-nous sans nous réveiller

Demain est déjà trépassé

A voir, à entendre, tout en lisant

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 4 Avril 2014

Jour d’anniversaire

Ventres bombés d’azur blanc

Que de mots et de mains ont glissés sur la nappe amidonnée

Fossette au menton se creuse, sus le rire rouge de vin

Déjeuner aussi naturel qu’une abeille au rosier

Et le gigot aussi tendre qu’un agneau

Allons boire un café très noir

Pas un ne manque au jardin

Dans la maisonnée, trousseau de jeunes ménages

Nappes amidonnées, pliées, à la lueur des espoirs des siècles derniers

Enfin, retrouvées au grenier

Secret des textiles anciens

Aux lettres brodées Alexandre, Léon, Feldmann

Et d’autres encore, cachés dans les coins de l’oubli

Tel un songe, à la beauté d’un nouveau dîner

Renaissent !

Nappe ancienne

Nappe ancienne

Rédigé par Champagne Michèle