Publié le 14 Juillet 2014

Est-ce la lumière blanche de la pleine lune ou les grêlons du sud tombés en plein été qui ont propulsé des entrailles de la terre le ventre de la mine sur la promenade plantée ? Aucun passant ne remarque ce wagon gonflé de terres et de pierres prêt à dévaler son butin dans les entrailles du Sahel. Où sont passés les orpailleurs d’Afrique ? Ici vont et viennent les travailleurs costumés de la Défense, les cyclistes rétropédalant pour retarder l’horodateur des neuf heures, les femmes toutes voiles dehors fonçant avec leurs poussettes, les enfants tirés par la main qui les guide vers la crèche ou l’école pleurant à qui veut bien les entendre. Suis-je la seule à remarquer la mine blottie dans les fleurs et les arbustes ? On dirait une forêt peuplée d’Elfes qui sortent au couchant, voitures et piétons rangés, rentrés. Et la mine, l’entendez-vous malgré la rame du métro Bel Air, les bouteilles de verre que l’on met aux rebus, la sirène d’une ambulance dévalant sur l’avenue Netter ?

Lundi, jour d’orage. Les parapluies sautillent sur la coulée verte, la pelouse boit l’eau, le ventre de la mine se gave de boues avant de disparaitre. Je jette un dernier regard avant la montée, les rails crissent sous la pluie, le fourgon s’enfonce sous le pavé. Le reverrais-je demain ? Le soir, tout est sombre, impossible de le distinguer, les buissons l’entourent et l’enserrent. Pénétrer dans cette forêt en pleine nuit ? A moins que des chevaux sauvages tirent les wagonnets vers le souterrain à la tombée du jour ?

Mardi, jour d’éclat. Les merles picorent entre les fleurs, le jardinier arpente la trame verte avec ses outils. Le wagonnet est toujours là, chargé de son butin, il tremble sur ses rails. Mais non, c’est le vent qui agite les buissons. Quelqu’un a dessiné un oiseau sur son ventre comme si on voulait lui donner le pouvoir de s’envoler au bout du rail, décoller de la coulée verte pour gagner au-delà du bois de Vincennes, l’Afrique et ses mines de diamants. Le fourgon sera-t-il encore parmi nous demain ?

Mercredi, jour gris. Les feuillus s’ouvrent entre les nuages, un coin de ciel bleu, minuscule comme les pépites d’or dessine une trame bleue. La voiturette du jardinier est au bout de l’allée. Le wagon silencieux attend qu’on lui livre ses victuailles, il respire en douceur pour ne point dessiner buée sur les fleurs. Grise mine, aujourd’hui la rouille le taraude sur les hanches, les roues grincent pour accompagner la tristesse grisâtre. Attention au coup de grisou !

Jeudi, jour d’été. Chaleur, brise légère, je dévale l’allée verte comme si j’étais sur la plage, du sable fin sur les joues, la mer dans la tête, et du bleu, du vert, partout ! Me voici au bord de la falaise surplombant fleurs, arbres, graminées, et les hortensias, blancs comme l’écume des vagues. Et la berline resplendit, brille de toute sa carapace d’acier, les pierres luisent comme des galets. Un air de vacances flotte sur la coulée verte, seul le jardinier tourne le dos à la mer et à ses rivages occupé à ses moissons en toute saison.

Vendredi, dernier jour de labeur. Dès le matin, déjà au pas de course à penser aux activités du week-end, un coup d’œil rapide au wagonnet qui fume au rythme des coureurs.

Samedi, la ville se réveille doucement. La coulée verte, déserte, s’étire le long de l’allée, le caisson refait surface entre les buissons, pique du nez pour renifler l’odeur de l’herbe, les insectes prennent d’assaut les plantations, grimpent sur le dos des troncs d’arbres, les fleurs babillent dès la rosée du matin.

Dimanche s’écoule sur la coulée verte avec les coureurs, cyclistes et promeneurs. Les uns regardent au-dessus de l’épaule les plantations, d’autres en pédalant reniflent le parfum du terroir, le wagon se repose, vidé, prenant le soleil fragile qui apparait entre les feuilles des arbres. La mine laisse son empreinte aux citadins, elle récupère les espaces verts le temps d’un concours. Et le jardinier, s’extirpe des fleurs, se déplace de-ci de-là entre la mine, sa création, et le palais de son labeur.

Création du Jardinier rue du Sahel Coulée verte Paris, concours 2014 -Merci d'embellir la ville
Création du Jardinier rue du Sahel Coulée verte Paris, concours 2014 -Merci d'embellir la ville
Création du Jardinier rue du Sahel Coulée verte Paris, concours 2014 -Merci d'embellir la ville

Création du Jardinier rue du Sahel Coulée verte Paris, concours 2014 -Merci d'embellir la ville

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 8 Juin 2014

Pour tous ceux qui ne veulent pas oublier la mémoire des illustres, aussi bien connus qu’inconnus, je vous invite à signer cette pétition contre la destruction d’arbres centenaires et la mémoire de Michel Lévy, médecin militaire pendant la guerre de Crimée 1854-1856, surtout en cette année de commémoration du débarquement.

Nous savons bien que la réalité oblige, mais n’oublions pas, la mémoire

Qui d’autres se souviendront passés les trépas numériques ?

Ne pas refuser le progrès, les contraintes.

Ne pas oublier notre devoir de mémoire.

Merci de votre soutien.

 

 

 

 

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 20 Mai 2014

Il est du temps au temps qui parle du temps

Comme billes de verre en hiver malgré les ans

Gelées les années givrées de jeunesse

En allégresse s’en vont sur des traineaux sans chevaux

Et sur un banc au soir d’un printemps tardif

Que disions-nous des rêves sous les ifs

A trop espérer nous devînmes rêveurs éveillés

Et maintenant sans scrupules sous la brise d’été

Nous voici envolés vers de nouveaux espoirs

Toi déesse et moi dieu des océans sur le Loir

Laissons vie et dérives en plan

Enfin descendons le courant

Au couchant couchons-nous sans nous réveiller

Demain est déjà trépassé

A voir, à entendre, tout en lisant

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 4 Avril 2014

Jour d’anniversaire

Ventres bombés d’azur blanc

Que de mots et de mains ont glissés sur la nappe amidonnée

Fossette au menton se creuse, sus le rire rouge de vin

Déjeuner aussi naturel qu’une abeille au rosier

Et le gigot aussi tendre qu’un agneau

Allons boire un café très noir

Pas un ne manque au jardin

Dans la maisonnée, trousseau de jeunes ménages

Nappes amidonnées, pliées, à la lueur des espoirs des siècles derniers

Enfin, retrouvées au grenier

Secret des textiles anciens

Aux lettres brodées Alexandre, Léon, Feldmann

Et d’autres encore, cachés dans les coins de l’oubli

Tel un songe, à la beauté d’un nouveau dîner

Renaissent !

Nappe ancienne

Nappe ancienne

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 25 Janvier 2014

Jorge lève la tête au moment où la navette spatiale américaine perce la couche de nuages. En plein désert du Mexique, Jorge marche avec son chien. Jorge quittera le Mexique pour passer de l’autre côté du mur, "là-bas où les riches envoient des fusées au ciel. Ils sont peut-être écoutés de Dieu ? " Jorge chemine avec son ombre et son fidèle ami à quatre pattes. "Pourquoi m'acharner à vivre dans ce foutu Mexique, sans fric."

Pas besoin de prendre une navette, Jorge est sur une autre planète depuis le décès de sa femme. Ses fils maintenant adultes n'ont plus besoin de lui ; le plus grand est aux Etats-Unis, l'autre vivote de trafics à Mexico. Franchir ce mur que les américains ont construit, un mur de peur et d'espoir qui suinte de haut en bas, un mur qui attire comme un aimant. Son cabot ne sera pas du voyage. " Le tuer ou le laisser à un ami ? La pauvre bête se laissera mourir."

Jorge continue d’avancer, les yeux fermés et les genoux qui vacillent. La bête le frôle comme si elle avait deviné son intention. Jorge continue d'avancer avec son fusil, pointe baissée, cœur en berne.

Une voiture s’arrête derrière sa camionnette. Trois hommes descendent de la Ford, le premier lève les bras en l’air, les deux autres le suivent. Le chien se met à japper, la bête court, un coup de feu éclate, une touffe de poils s’effondre. Un autre coup de feu, une forme chute sur le sable, un chapeau roule sur la route. Un homme, le plus petit, s’approche du camion de Jorge. Il ouvre la porte, retire les clefs restées sur le volant, et remonte dans l’auto. La Ford repart en trompe, Jorge appelle "Kico, Kico ?" Il n'a pas tiré, d'autres s'en sont chargés.

Près de son camion, Jorge aperçoit un corps allongé sur le sable et... Kico. Le flanc droit couvert de sang, la bête respire par coups saccadés. Jorge se rapproche, s’agenouille près de Kico, lui caresse la tête. Une plainte jaillit comme les pleurs d'un enfant. Jorge se lève, fait un signe de croix, puis il prend son fusil, visse le manche à son épaule, l’œil droit à moitié fermé. Une détonation étouffe le cri de la bête. Il se dirige vers l’homme, un filet rouge creuse le sable. Les yeux ouverts, l'inconnu fixe le ciel, sans vie.

Jorge retourne à son camion, les clefs sur le volant ont disparues. Il cherche autour du véhicule, piétine sur la route. Pas de trace de ses clefs. "Maintenant, il ne me reste plus qu'à marcher. Marcher jusqu'au mur et le franchir, vivant ou mort."

Mur entre les Etats-Unis et le Mexique

Mur entre les Etats-Unis et le Mexique

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 17 Novembre 2013

Conversation sur rail

Dans le train en direction de Madurai pour Trivandrum, je prends place dans un wagon de luxe : banquette de cuir crevassé, ventilateur rouillé, vitre entourée d’un isolant de caoutchouc bavant aux quatre coins. Je soupire en pensant que j’ai bien fait d’opter pour un confort avec air conditionné ! Vingt-minutes plus tard, la locomotive démarre malgré les hommes et les femmes qui circulent sur les voies ferrées pour rejoindre l’autre quai. « Incredible India ! » comme dit mon guide. Le paysage déroule son filet de villages, ses immondices au bord des chemins et ses routes de terre battue et de macadam troué. J’ouvre ma tablette, un roman indien à lire. Quelques minutes plus tard, je suis dérangé par un brouhaha : un jeune couple allemand tente désespérément de s’installer sur deux sièges avec un énorme barda sur le dos, de véritables mules ambulantes ! Détournant mon attention vers l’extérieur, le paysage n’a rien de particulier, je me replonge aussitôt dans ma lecture.

Avanchi Maniyachi. Arrêt brusque. Une musique digne d’un Bollywood trépidant jaillit dans l’allée du wagon. Un vieil homme aux cheveux blancs, muni de deux gros sacs en plastique aussi fissurés que les sièges s’arrête devant ma loge. Ses yeux escaladent le sommet de ses lunettes lorsqu’il s’approche pour lire l’étiquette collée sur la porte du wagon-lit. La musique continue sa danse endiablée, la poche de sa chemise scintille d’un vert émeraude. « Oh non ! » dis-je. Ce nouvel intrus dépose ses cabas sur la banquette en face de moi. Je lui signale de baisser la musique de son portable en répétant « musique », « musique », et pour insister davantage, je colle mes mains sur mes oreilles. Il a compris ! Il ferme son téléphone en me souriant. Pour protéger l’espace vital qui nous sépare, il cale ses ballots sous ses pieds, il s’assoit, sort un journal et le déplie sur le siège. Intrigué, je l’épie du coin de l’œil. Il farfouille dans son colis blanc rayé de rouge ; une boîte et un grand bocal en verre en émergent. On dirait une sauce de pois chiche baignant dans la graisse. Il prend son pan, puis avec les quatre doigts de sa main droite et son pouce faisant office de pousse-pousse, il rassemble la purée en boule, la dépose sur son pan, en prend une lampée. On dirait mon chat qui lape son bol de lait. Pour donner congé à mon odorat, je reprends le fil de ma lecture. Après avoir terminé son repas, mon invité émet plusieurs rots de satisfaction. ll range son bocal et sa boîte, replie son journal et me fixe. C’est alors qu’il me salue… en français.

- Bonjour. Vous venez de quel pays ? me demande-t-il avec un léger accent qui traîne les mots.

- De France, de la ville de Lyon.

- Vous visitez l’Inde ? m’interroge-t-il avec un léger sourire.

Je mets de côté ma tablette pour lui tenir compagnie.

- Je suis en vacances pour deux semaines. Je visite le Tamil Nadu et le Kerala.

Le chef de train nous remet les draps pour la nuit. Je prends le coton, encore chaud

et bien amidonné avec l'envie d'y plonger mon nez dedans.

- Aimez-vous le dal de lentilles ? s’enquiert-il en pliant davantage sa literie comme un mouchoir de poche.

J’incline la tête de haut en bas et le voilà qui dodeline la sienne de gauche à droite.

Au Tamil Nadu, on tangue pour un oui ou pour un non. Il ajoute sans attendre ma réponse :

- J’aime bien le dal. Je suis végétarien. Pas de viande, pas de poisson, pas d'oeuf.

Le train tousse et s’arrête. L’inconnu reprend :

- Pas de carottes, pas de pommes de terre, en les arrachant on risque de priver de vie les insectes. Pas de légumes couleur sang. Je suis médecin.

Enfin, une personne avec laquelle je vais pouvoir échanger sur les bienfaits de la médecine indienne ! Je me penche vers mon interlocuteur pour lui parler en toute confidence.

- Pratiquez-vous la médecine ayurvédique ? Je m’intéresse à la santé incluant l'hygiène de vie, le corps et l’esprit. En France, on connaît surtout ses déclinaisons comme les massages, le yoga…

Et sa tête remue à bâbord, à tribord, lorsqu'il me répond :

- Votre feu intérieur est faible et votre digestion est lente. Je vous conseille de manger du gingembre, de l’ail, du poivre noir, de la cannelle.

Je ne sais pas si je suis en consultation ou en conversation avec un éminent spécialiste. L’imprévu étant un plaisir, je rebondis oubliant son diagnostic :

- Cette approche ne se focalise pas seulement sur le mal à traiter mais également sur le corps et sa capacité à réagir à la douleur, en prenant en compte le physique, le mental, le côté spirituel.

Je pose mes mains sur mes genoux, paumes tournées vers l’extérieur. Mon gourou poursuit :

- Le Garam Masala, originaire du Nord de l’Inde, est un mélange d’épices chaud.

Le train redémarre. Sans retenue, je déclare :

- C’est pourquoi le Masala est prescrit pour guérir le feu…

- Et pour assaisonner les curry. Vous aimez le thé ?

Je dandine sur la banquette. Il n’attend pas ma réplique.

- Alors, vous aimerez le Massala Chai. C’est un thé aux épices avec du lait chaud et du sucre que l’on sert séparément. Une légende raconte que le prince Dharma quitta son village pour aller en Chine et terminer ses réincarnations. Il voyagea pendant plusieurs années par la montagne. Un jour, il somnolait en cheminant, il remarquait soudain des feuilles d’un théier sauvage. Il en prit et les mâcha doucement. Les bienfaits du thé le tinrent éveiller jusqu’en Chine.

Arrêt en gare. Mon gourou se lève et plie bagages. Avant qu’il ne quitte son cabinet médical, je m’enquiers du prince :

- A-t-il atteint le Nirvana ?

Question ouverte, le sage avait déjà quitté le train. Cet échange à saveur unique me laisse encore en appétit.

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 24 Septembre 2013

Il fait encore beau, alors venez à la Maison du Québec à St-Malo assister à la présentation du roman historique "S'Enraciner au pays de l'espoir, histoire d'une famille Orillon dit Champagne".

Michèle Champagne présentera son livre dont l'action se passe en Acadie, au Québec, aux Etats-Unis, entre 1697 et 1940.

250 ans d'histoire dans le cadre du tricentenaire du Traité d'Utrecht !

La présentation se fera le samedi 5 octobre à 17 heures.

Apportez vos maillots !

Annonce de la présentation du livre "S'enraciner au pays de l'espoir : histoire d'une famille Orillon dit Champagne"

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 19 Août 2013

Ce matin, je vis un cadavre encore tout chaud coincé dans mon géranium : un mégot ! Comment le Camel avait-il atterri sur mon balcon ? Par le cowboy Malboro à dos de chameau ? Ou par lord Dunhill depuis un salon feutré de Londres ? Et pourquoi pas par une Gitane brune et bien roulée ? Et si c’était plutôt par une Gauloise depuis sa villa romaine ? Joueur, je misais sur le troisième, rouge impair. Munie d’une pince à épiler, je pris l’objet en flagrant délit, ouvrit l’enveloppe pour y glisser le coupable. Aucun alibi, alors retour à son propriétaire ! Mais avant de cacheter le pli, l’envie me prit de rouler un trick sans fumée :

CEN, à recommencer, il en coûtera des cent et des lires de délires

DRI, à défaut d’en griller une, driller le cigarillo

ER ? Vous y êtes !

CEN DRI ER !

CENDRIER !

A utiliser sans modération même pour les feux de paille. Valable en toute saison. Objet nomade vendu dans toutes les dimensions. Et si se cachait l’homme à la cigarette de X-Files ? Un complot fume dans les coulisses de la cage d’escalier ou du garage. Qui sera la victime des ombres vertes ? A moins que ce ne soit un coup des Anonymous ou des hacktivistes ? Non, finalement, il n’y a que cendre : poussière, tu es, poussière, tu retourneras sous terre.

D'une voisine, jardinière à ses heures, non-fumeur, chasseur d’aigreur.

Géranium balcon terrasse

Géranium balcon terrasse

Publié le 19 Juin 2013

 

Ramla bay

 

Aujourd’hui, jour de ton anniversaire. Lorsque La Méditerranée devient perle, c’est signe de mauvais temps.  Assise dans le fauteuil, yeux levés vers l’aquarelle, je regarde cette mer déchaînée avec ses larmes déchiquetées qui s’engouffrent entre les rochers. Te souviens-tu de cette toile, et de ce marché où nous étions passées en trombe ?  J’hésitais à l’acheter, ferait-elle bien dans le salon ?  Sur tes recommandations, je la prenais, vite, aussi vite que les pièces sautaient dans ma main sans prendre le temps de compter la monnaie. Le tableau sous le coude, nous traversâmes la rue sous la pluie. Courir du même pas, à la même vitesse pour échapper aux rafales. Tu dérapais sur la terre mouillée, incapable de te relever par ton poids et ta robe enroulée entre tes jambes. Etalée sur le sol, tu me lançais : « Peut-on échapper à la mort en vivant ?  »   


Ce soir, je me rappelle ce corps figé, froid sur le marbre de la salle à manger, criblé de balles. Le corps de ton frère. Où est passée ta vie, celle de ta famille, de tes amis, de ton pays ? Mon séjour terminé parmi les tiens, mes pensées sont de l’autre côté de la mer emportées par la tempête.  Avec ou sans conscience, tous se taisent face à ce grand drap blanc posé comme une toile d’araignée sur ton peuple.

 


Publié le 1 Mai 2013

Combien sont-elles, ces Filles, pupilles du Roy, filles de joie, veuves, mères célibataires, issues pour certaines de milieu bourgeois ? Elles ont confié leur destin au Nouveau-Monde en guise d’espoir, destinées qui ont sombré dans l’oubli pour la plupart, d’autres ont laissé des traces dans les villages du Québec. Pleurs des berceaux, cris des Rebelles, luttes aux côtés de leurs époux... Pour ne pas les oublier, le Québec et la France commémorent le 350e anniversaire de l’arrivée des Filles du Roy. Un rendez-vous à ne pas manquer ! 

Adam, Barbier, Binard, Bourgeois, Damours, Desjardins, Gauthier, Grondin, Hébert, Landry, Levasseur, Morin, Perrault, Robineau, Royer, Rousseau, Richard, Verger, Videau.. et d'autres encore...

 

Plaque des Filles du Roy Québec

 

Ces noms, pour n’en citer que quelques-uns figurent sur la liste des noms de famille des Filles du Roy. Au début de leur arrivée en 1663, une trentaine de femmes posèrent le pied en Nouvelle-France tournant le dos à Paris, à Dieppe, à La Rochelle et autres contrées... pour s’installer à Trois-Rivières, à Québec ou à Montréal.

Des centaines de femmes ont tenté leur chance : de 1663 à 1673, plus de huit cent femmes s’établirent sur les rives du Saint-Laurent. Certaines provenaient de Paris où elles étaient hébergées à l’hôpital La Salpêtrière, dans une section dédiée aux femmes nécessiteuses, aux prostituées, aux malades. Quelle que soit leur origine, toutes ces femmes ont pris racine au Québec.

Votre patronyme figure-t-il sur la liste des noms de famille des Filles du Roy ?

Si vous trouvez votre patronyme, alors l’enquête commence !

Il faudra vous documenter sur la Nouvelle-France, exploiter le fichier d’origine pour retrouver leurs descendants et peut-être les vôtres ? fouiller les recensements, élargir votre enquête aux conjoints, découvrir leurs métiers, visiter des villages, assister aux festivités.

Sans discourir sur le statut des Filles du Roy, toutes ont participé au peuplement de la Nouvelle-France, avec fortes lignées et/ou fausses-couches. Pour celles qui n’ont pas donné la vie, leur mérite est dans le travail de la terre... au pays des « quelques arpents de neige ». Devoir de mémoire, les villes de Trois-Rivières et de Québec ont érigé une plaque à la mémoire de ces femmes.

A titre indicatif, une liste de ressources, non exhaustive, mais c’est un début !

Bonnes recherches.


Société d’Histoire des Filles du Roy Retour ligne automatique

Le Fichier origine des pionniers

 

Liste des filles du Roy qui ont contracté un mariage Retour ligne automatique

Liste des filles du Roy de la région d'Ile de France

Liste des filles du Roy provenant de NormandieRetour ligne automatique

Marie Grandin de Normandie a épousé Claude Robillard. en Nouvelle-France.
Voir notre article publié sur le site Histoire et Généalogie "Claude Robillard jeune Normand, agriculteur en Nouvelle-France"

Liste des filles du Roy provenant d'autres régions de France

Liste des filles du Roy dont l ’origine est inconnueRetour ligne automatique

Actes de mariage des filles du Roy de 1634 à 1663Retour ligne automatique

Liste des filles du Roy entre 1663 et 1673Retour ligne automatique

Liste des filles du Roy établies à Saint-Augustin-de-Desmaures (situé dans l’agglomération de Québec)Retour ligne automatique