Publié le 23 Janvier 2016

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Je publie, avec l'autorisation de l'auteur, un très beau texte de conviction et de chaleur humaine, "Maintenant, je sais", d'Alexandra Sobczak, sur le patrimoine et sa valeur universelle.  

Dans le mot patrimoine, il y a" Patrie", celle de l'Humanité, et "Moine", la dimension spirituelle qui nous invite à vivre notre Humanité.

On ne peut pas évoquer le patrimoine sans avoir une pensée pour Paul Léon qui fut un défenseur du patrimoine. Né le 2 octobre 1874, Paul Léon était directeur général des Beaux-Arts, puis professeur au Collège de France en histoire de l'art monumental.   Pendant la première guerre mondiale, Paul Léon s'est occupé de la sauvegarde des monuments et de leur réhabilitation après la guerre.  Il termina sa retraite comme conservateur au musée Condé de Chantilly, où il décéda le 1er août 1962. 

 

Alexandra Sobczak

« Maintenant, je sais....

Je me suis souvent demandée pourquoi du jour au lendemain, j'avais décidé de consacrer ma vie à la cause du Patrimoine.


Depuis 3 jours, je sais....


Une phrase, une seule petite phrase, a réussi à me faire comprendre pourquoi je me suis sentie "investie" par cette mission.


" Le Patrimoine appartient à ceux qui n'en ont pas"! phrase de Philippe Dorthe,qui m'a gentiment autorisé à le citer.


La voilà enfin l'explication ! Moi qui ai tout perdu le 26 janvier 2011, donc, cela va faire cinq ans, j'ai dû vouloir à travers ce combat, me réinventer une mémoire, un passé pulvérisé à cause d'un présent trop difficile à surmonter.


Ma vie était un champs de ruines, défendre cette cause me permets de tout reconstruire. Démarche peut être égoïste, mais défendre le passé m'offre un avenir.

Avenir incertain, sans doute, mais rien ne me plait plus que de lutter pour la mémoire, la culture et l'histoire...
Alors merci Monsieur Dorthe, merci de m'avoir éclairé. J'espère me montrer digne de cette mission que la vie m'a confié.


Oui, je sais, tout ceci est un peu "lyrique" pour certains, mais dans notre triste monde un peu de lyrisme et de naïveté ne peuvent pas nuire.


Même si je perdrais beaucoup de batailles, je suis certaine de ne pas perdre la guerre!

La guerre une fois de plus, contre les démolisseurs de mémoire et les grands faiseurs de parkings !!!


Je profite de ce post pour remercier également Nicolas Portes , qui m'a joliment surnommé "La Patrimonieuse"! Je trouve ce terme tellement juste, une contraction de Patrimoine et laborieuse, une très belle définition de ce que je suis !


Voilà, maintenant je sais, je sais que la vie ne nous épargne rien, mais qu'elle nous apprend tout. »

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" Le patrimoine appartient à ceux qui n'en n'ont pas" Philippe Dorthe
Paul Leon (publication avec l'aimable autorisation de Florence, Michel et Philippe Leon

Paul Leon (publication avec l'aimable autorisation de Florence, Michel et Philippe Leon

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 1 Janvier 2016

Bienvenue à l'année 2016

Si on additionne les chiffres qui composent 2016, 2+1+6, on obtient 9, et le 9 est le symbole des efforts récompensés. Alors, souhaitons au Pont Colbert qu'il soit inscrit au Patrimoine des Monuments Historiques en 2016.

Bonne année 2016 à tous ceux qui nous lisent, et merci pour votre fidélité.

Michèle

Pont Colbert - Dieppe Normandie - Monuments Historiques

Pont Colbert - Dieppe Normandie - Monuments Historiques

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 18 Décembre 2015

Dame Politesse m’observe dans son tailleur deux pièces en pied de poule, chignon relevé et perles aux oreilles. Dans cette cuisine parisienne aménagée pour recevoir quatre convives, sans plus, je regarde Rémi, ce collègue qui m’a gentiment invité à dîner. Amoureux du Paris ouvrier, Rémi s’est récemment marié avec Paola, d’origine italienne, qui donne un rayon de soleil dans cette soirée d’hiver. Au centre de la table se dresse le bateau ivre. A son bord, ces coquillages vivants dans les profondeurs des océans. Naufragée je deviens, cherchant refuge auprès de Dame Politesse, tapie près de la fenêtre, coincée entre la salade et le plateau de fromage. Mon désespoir est tel que mon imagination l’appelle pour trouver une formule toute en allégresse… avouer ma répulsion, mon obsession, mon aversion pour ces bêtes de mer qui sommeillent en s’enfonçant dans le sable, toujours plus au creux de l’océan et de l’obscurité. Aucune issue ! Paola m’invite à plonger dans le récif avec une douceur océane tandis que Rémi remplit mon verre d’un Chablis premier cru. Ah ! Comme j’aimerai savourer un maquereau au vin blanc.

Les yeux grands ouverts sur la montagne d’huîtres, je me remémore les caractéristiques de ce Chablis Vaudésir : le sol, calcaire "Kimméridgien" contient des milliards de petits fossiles marins dans un ciment blanchâtre qui a dû être le fond de l'océan. Du bout des doigts, je prends un animal à la chaire molle et verdâtre dégoulinant d’eau, le dépose sur mon assiette. Dame Politesse me montre les cinq doigts de sa main, me voici pêcheur dans le vingtième arrondissement parisien ! Le moment est venu de rapprocher la marenne de mes lèvres : « rappelle-toi, les huîtres, perles rares des grandes occasions », chuchote Dame Politesse tout près de moi. Au nez, une odeur salée… persistante…à marée montante. Plaisir des vacances et farniente. Et c’est alors que j’ouvre la bouche tout en regardant le bout de la coquille légèrement relevée comme une proue de navire. Et je me hâte, j’aspire, j’avale cet être vivant d’un coup pour qu’il ne se rétracte pas en sentant son trépas arrivé. « Rappelle-toi que l’univers est composé de corps et de vie, et que l’huître ne fait pas exception », me glisse dame Politesse à l’oreille avant de disparaître dans le ciel étoilé de mon esprit. Alors, je bois le Vaudésir jusqu’à la lie, je savoure ma victoire. Je suis enfin sorti de ma coquille. J’ai mangé des huîtres pour la première fois de ma vie !

 

Laissons parler nos sens

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 22 Novembre 2015

Eh oui, voici un bel exercice pour guider ceux et celles qui veulent faire chanter notre belle langue et ses racines, une langue toujours vivante. Je vous invite à découvrir Solange, qui, comme un ange, nous fait danser sur les mots au détour de découvertes.

A consulter sans modération avant tout voyage au Québec ou pour se ressourcer !

https://m.youtube.com/watch?v=qYm83H5TOMM&feature=youtu.be

Le Québécois, une langue qui invite à chanter
Le Québécois, une langue qui invite à chanter
Le Québécois, une langue qui invite à chanter

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 19 Octobre 2015

Pont Colbert enrubanné
Pont Colbert enrubanné

Quels sont les capitaux qu’une région ou une ville doit transmettre aux générations futures : culturels, savoir-faire, ressources, patrimoine, etc. ?

Répondre à cette question, c’est vouloir conjuguer la valeur économique et la valeur éthique, c’est avoir envie de développer la confiance individuelle et collective. C’est surtout un changement d’attitude qui « du passé faisons table rase », nous apprend à regarder le patrimoine différemment pour en mesurer son empreinte dans l’identité d’une ville. Ce qui fait la fierté, la spécificité culturelle, la familiarité des citoyens avec son patrimoine, levier culturel.


Répondre à cette question, c’est aussi intégrer le temps long, un exercice de prospective pour habiller le futur. Habiller, découper, délocaliser… Certains proposent de conserver quelques pièces du pont Colbert pour les mettre dans un musée, ainsi la mémoire est préservée ! Mais quelle compréhension les générations futures auront-elles d’un pont dont la fonction ne correspondra plus à ce qu’il y a de vivant dans le contemporain ? Allons-nous vers une modernité qui trace un trait sur les références historiques ? Ayons un projet patrimonial qui conjugue l’innovation et le patrimoine : gardons le pont Colbert dans sa fonction, en le restaurant, voilà un beau geste de solidarité prospective pour les générations futures.

Répondez en venant aux visites organisées du pont Colbert

Venez visiter le Pont Colbert, sa machinerie hydraulique, ses poutrelles, venez le voir tourner.

Venez aussi déguster des harengs à la Foire aux harengs de Dieppe,
Venez voir la pleine mer de Dieppe et ses couchers de soleil...

Dieppe Ville d'art et d'Histoire organise 8 visites du Pont Colbert pendant la foire aux harengs. Pour appuyer la demande d'inscription à l'inventaire des monuments historiques et sauvegarder le Pont Colbert, venez nombreux à ces visites, surtout qu'il y aura pleine mer !
Samedi 14 novembre / Pleine mer : 13h01
Visite 1 : 10h30-11h30
Visite 2 : 11h30-12h30
Visite 3 : 12h30-13h30
Visite 4 : 13h30-14h30
Dimanche 15 novembre / Pleine mer : 13h35
Visite 5 : 11h-12h
Visite 6 : 12h-13h
Visite 7 : 13h-14h
Visite 8 : 14h-15h

Les visites sont limitées à 35 personnes, sur réservation au 02 35 06 62 79 (5€ par personne en tarif plein). Le Pont Colbert tournera pour vous !

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 3 Octobre 2015

Pont Colbert Dieppe
Pont Colbert Dieppe

C'est la tour Eiffel des Dieppois qui dit NON à sa destruction !

C'est enfin le conseil municipal de Dieppe qui a dit OUI à la sauvegarde du Pont Colbert !

Par la mobilisation des Dieppois, le Pont Colbert a une chance de survivre encore 50 ans car ses veines de fer sont toujours d'aplomb ! Cette semaine, la ville de Dieppe a voté à l'unanimité la demande d'inscription du Pont Colbert à l'inventaire des monuments historiques.

Le pont Colbert, dernier pont tournant d'Europe en activité avec son mécanisme d'origine.

La bataille n'est pas finie ! Ne restent plus que le Préfet et le président de région, N. Mayer Rossignol à faire changer d'idées. Il n'est jamais trop tard pour porter respect au patrimoine, qu'il soit culturel, industriel, portuaire, immatériel...

La campagne électorale est lancée, peut-être certains entendront-ils les pas des Dieppois qui le traversent chaque jour pour aller au travail, à l'école ? Le matin, plusieurs activent la marche pour ne pas louper le pont, car quand il tourne, il laisse passer les bateaux, et pas le temps de plaisanter en plein mois d'automne. Et que dire des voitures, des camions qui sautillent lorsqu'ils le traversent ? Et le reflet de ses poutrelles le soir qui donnent à rêver ? Et de ces pêcheurs qui l'ont arpenté par tous les temps ? Et le Pollet qui, grâce à lui, est relié à la ville.

Eh oui, le temps l'a rongé, ce vieux monsieur Colbert. Car voyez-vous, il n'a pas été souvent "relooké", aucun soin de beauté, alors, il a de l'arthrose, mais il ne manque pas d'amour car les Dieppois tiennent à leur pont qui tourne encore, comme une valse à quatre temps.

Quand l'histoire est inscrite dans les souvenirs et le coeur des citoyens.

Quand l'histoire continue de vivre au présent avec une touche de modernité, tout en impression.

Quand l'histoire est floue, on ne se rappelle plus des dates, des noms.

Mais la petite histoire, celle des gens qui se rappellent de leurs premiers pas, d'un baiser, d'une bonne nouvelle.

Et la grande histoire, avec ses pertes et ses douleurs.

Mémoire de chacun de nous, mémoire d'un savoir-faire, mémoire d'une ville...

C'est l'art du Pont de relier l'histoire au présent, de préparer le futur sans nous raconter d'histoire, sans nous faire bluffer par la modernité.

Et tout simplement le Pont nous ouvre ses bras, et tout simplement, on le garde parce qu'on l'aime !

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 13 Septembre 2015

Le vendredi 11 septembre 2015, à Lille, Véronique Dupont, membre du Comité de sauvegarde du pont Colbert, a fait une intervention sur le Pont Colbert lors du congrès international du Patrimoine Industriel, à Lille :   "Le pont Colbert de Dieppe : une nouvelle communication pour la sauvegarde de ce patrimoine industriel et portuaire".  

Ne lâchons pas !  Continuons de nous mobiliser pour sauver le Pont Colbert. La persévérance donne des fruits !

 

Le texte ci-dessous émane de madame Dupont que nous remercions.

Ce congrès international qui bénéficie du parrainage du Ministère de la Culture et de la Communication, de la Région-Nord Pas de Calais et de nombreux partenaires, a rassemblé 320 congresssites de 46 nationalités dont des experts de l'UNESCO, historiens, chercheurs, scientifiques, architectes, urbanistes, responsables de collectivités locales, d'associations etc. Ce fut l'occasion de présenter le dossier du pont Colbert de Dieppe, de rappeler  l'urgence de sa restauration et de son inscription à l'inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques afin d'éviter son coûteux remplacement, voire sa destruction.

Les démarches déjà entreprises et divers appels à la sauvegarde doivent être entendus, soutenus, relayés en haut lieu afin de préserver ce pont, patrimoine industriel et portuaire qui constitue pour la région, la ville et ses habitants, un élément du paysage vivant de la ville de Dieppe.

Jean-Bernard Cremnitzer,  architecte et enseignant à l'ENSA Normandie à Rouen, dieppois et membre actif du Comité de sauvegarde du Pont Colbert, a aussi relayé ce message à la fin de son intervention : "Enseigner la réhabilitation du patrimoine industriel dans les écoles d'architecture".

Enfin Patrick Martin,, président de l'organisme mondial reconnu pour la préservation du patrimoine industriel,  qui avait déjà interpellé la Direction Régionale des Affaires Culturelles, a de nouveau appelé à la préservation du Pont Colbert.

Des experts consultés pour les classements au patrimoine de l'UNESCO, et de nombreux congressistes ont d'ores et déjà signé une lettre à l'intention de Monsieur Nicolas Mayer-Rossignol, Président du Syndicat Mixte du Port de Dieppe et Président du Conseil Régional de Haute Normandie.

 
 

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 6 Septembre 2015

Beauté et Technique font bon ménage et ce, depuis des siècles !

De plus, ce couple donne chaque jour à des amoureux, aux travailleurs, aux voitures et vélos de quoi traverser un quartier en rêvant sous ses poutrelles Eiffel.

Alors pourquoi certains veulent-ils le détruire ?

Gardons en activité le Pont Colbert, ce patrimoine au coeur de la cité et pas dans un musée !

Voir la biographie du réalisateur du Pont Colbert, Paul Alexandre.

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 20 Août 2015

Laitue de mer dans l’assiette, tête à l’envers, sur le sable, la mer monte sans crabe. Les joueurs de volley bal plient bagages, les jeunes dévorent leurs gaufres tout en sautillant et piquent vers l’escalier, dos à la mer. Les bronzés de la journée se rhabillent s’invitant à l’apéro, la buvette fait le plein de sucré salé, les dames lèvent le nez de leurs bouquins. Six heures, il est temps de se retirer, la marée montante ne devrait pas tarder. Les algues vertes prennent racine sur la plage, les volets se ferment, les promeneurs se promènent, les sauveteurs prennent leur aise, bientôt la fin de la journée.

Et une journée se termine, laissant Paul et Louise se chamailler entrecoupés de sonneries de leurs téléphones portables, Sophie et Jérémy se taquinent, surtout lorsqu’elle remet sa robe bleue, celle du boulot – trop, c’est trop ! Maryse donne des biscuits à ses chérubins qui se trémoussent dans les galeries de sable qu’ils ont creusées, et Paulette écrit des cartes postales à la terre entière, aucune ne comporte d’adresses car Paulette est seulette… Dans ses pensées, volent les cerfs-volants avec ses amitiés à l’autre bout de la terre, là-bas en Angleterre.

Le grand salon de l’hôtel Lutetia est allumé, personne encore à l’intérieur. En passant devant, on entend couler l’eau dans les tuyaux, la douche avant le repas du soir, des cheveux d’ange sèchent sur la terrasse, un édredon tente de se faire la malle par la fenêtre, il est sitôt repris par deux bras bien bronzés. La piscine gargouille esseulée, plus un transat à ses pieds. En Bretagne la fraîcheur arrive au pas d’un galop, aussi vite que la mer qui chevauche et entoure le mont Saint-Michel. Du cap Frehel, des chants marins parviennent aux citadins, amoureux de la mer, le temps d’une saison.

Demain, aucun ne pensera à dire au revoir à ces pêcheurs qui iront pêcher dès l’aurore et passeront devant le Lutetia endormi alors que les vacanciers seront tous sur la route.

Plage de Saint-Lunaire et Cap FrehelPlage de Saint-Lunaire et Cap Frehel

Plage de Saint-Lunaire et Cap Frehel

Rédigé par Michèle Champagne