Publié le 30 Août 2015

A regarder de loin, on dirait des geysers, des volcans qui refont surface après des siècles. De quoi faire revivre Cathares et Templiers.

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 20 Août 2015

Laitue de mer dans l’assiette, tête à l’envers, sur le sable, la mer monte sans crabe. Les joueurs de volley bal plient bagages, les jeunes dévorent leurs gaufres tout en sautillant et piquent vers l’escalier, dos à la mer. Les bronzés de la journée se rhabillent s’invitant à l’apéro, la buvette fait le plein de sucré salé, les dames lèvent le nez de leurs bouquins. Six heures, il est temps de se retirer, la marée montante ne devrait pas tarder. Les algues vertes prennent racine sur la plage, les volets se ferment, les promeneurs se promènent, les sauveteurs prennent leur aise, bientôt la fin de la journée.

Et une journée se termine, laissant Paul et Louise se chamailler entrecoupés de sonneries de leurs téléphones portables, Sophie et Jérémy se taquinent, surtout lorsqu’elle remet sa robe bleue, celle du boulot – trop, c’est trop ! Maryse donne des biscuits à ses chérubins qui se trémoussent dans les galeries de sable qu’ils ont creusées, et Paulette écrit des cartes postales à la terre entière, aucune ne comporte d’adresses car Paulette est seulette… Dans ses pensées, volent les cerfs-volants avec ses amitiés à l’autre bout de la terre, là-bas en Angleterre.

Le grand salon de l’hôtel Lutetia est allumé, personne encore à l’intérieur. En passant devant, on entend couler l’eau dans les tuyaux, la douche avant le repas du soir, des cheveux d’ange sèchent sur la terrasse, un édredon tente de se faire la malle par la fenêtre, il est sitôt repris par deux bras bien bronzés. La piscine gargouille esseulée, plus un transat à ses pieds. En Bretagne la fraîcheur arrive au pas d’un galop, aussi vite que la mer qui chevauche et entoure le mont Saint-Michel. Du cap Frehel, des chants marins parviennent aux citadins, amoureux de la mer, le temps d’une saison.

Demain, aucun ne pensera à dire au revoir à ces pêcheurs qui iront pêcher dès l’aurore et passeront devant le Lutetia endormi alors que les vacanciers seront tous sur la route.

Plage de Saint-Lunaire et Cap FrehelPlage de Saint-Lunaire et Cap Frehel

Plage de Saint-Lunaire et Cap Frehel

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 3 Juillet 2015

Quoi mettre dans sa valise ?

Les grandes vacances approchent.   Qu’apportez avec soi ?  Inspirons-nous des écrivains voyageurs et regardons ce qu’ils mettent dans leur valise….

 

Au fond de la valise, des vitraux, pour la transparence, laisser entrer la lumière, prélude au voyage.   Pour le souffle de la création, un corps blanc, diaphane,  transporter ma silhouette, en somme !  Des photos en noir et blanc pour trouver l’art de la nuance,  se jouer du gris pour chasser les mauvais esprits.  Peut-on souffler les paysages ?  Optons pour les visages, celle de la jeune fille aux écoutes.  Trouver l’amour par un baiser, au détour d’une ligne droite.  Un toucher, à peine perceptible, qui amène très loin.  Perte de repères, sans boussole.  Toucher la terre, celle qui féconde, s’éloigner de la porte de l’enfer. 

Emporter un manuscrit – inachevé -  en ciseler les mots inspirés de sourires d’innocence, d’hébétude sur le portail des années.  La grande ombre agrandit la nuit, le sommeil guette, tout devient silence.   Bien sûr, je ne peux résister à emporter une tête de Buddha ou un chapelet, pénétrer dans une église ou un temple.  S’imprégner de quiétude, de sutras et de chants.  Cantique des Cantiques !  Et pour danser ?  Cotillons simples et souliers plats. 

Le voyage ?  C’est une main tendue que l’on prend sans se soucier de l’âge. 

Le théâtre, évidemment !  Maquette vibrante de la vie, l’ample drapé de la robe glisse sur un lyrisme oratoire.  Le physique s’efface.  Divinatoire !  Ne pas oublier la lyre, prendre le collyre.  Poser les yeux grands ouverts sur ce qui est devant soi, s’interroger, embraser.  Comme un esthète, chercher l’équilibre, refuser toute comparaison, peindre avec la plume des portraits, la vie de tous les jours, à chaque jour, simplifier à l’extrême.  Refuser de reconnaître. 

Un livre de Victor Hugo qu’il a écrit en exil, sur les rochers de Guernesey, debout, surplombant Saint Peter Port.  Choisir un titre au hasard pour calmer les soirs de tempête, l’ennui, chasser la mélancolie.  Et par froidure, se couvrir d’une laine écossaise, porter ses souvenirs sur son dos, trouver l’inclinaison et l’expression qu’il convient pour continuer d’avancer.  Se déplacer sans direction, découvrir un atelier de marbres et ses muses.

S’envoler  dans un tourbillon d’odeurs et de vents.  Disparaitre dans la foule urbaine avec ses couleurs et son tintamarre.  Le voyage, le modèle vivant de la vie.  Comment l’emporter dans une valise ?

 

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 25 Avril 2015

Dieppe, samedi 18 avril 2015, Place du Puits-Salé. Jour de marché. Les cloches résonnent dans la Grande Rue. Un fourmillement de bruits, d’odeurs, de silhouettes déjà vêtues comme aux beaux jours d’été lézardent en dégustant des yeux, les fruits, légumes, poissons, fromages. Les mouettes foncent au bord de mer alors que des gens s’amassent autour de musiciens au son du Tam Tam. Je me fraye un chemin entre la foule pour voir ce qui vibre. « C’est pour le pont Colbert, sauvons le pont ! » Le marché dresse ses étales de tous les côtés, des caddies se chevauchent, roulent, resquillent en ce lieu devenu le centre qui fourmille de cigales dès les premières chaleurs. « Radio Pont Pont » est sur le pont, le journaliste vêtu de sa veste rouge, d’un pantalon moutarde et d’un chapeau haute-forme interroge un passant : « Pour vous, le pont Colbert, c’est important ? » L’homme le regarde comme un fossile, figé dans sa mémoire, il cherche une réponse. Puis, il retire sa main de sa poche, la porte à sa bouche avant de dire : « Le Pont Colbert, mes premières amours. C’est là que j’ai embrassé pour la première fois une fille... » « Alors, recommencez, venez à 13 heures sur le pont avec toutes les personnes qui tiennent à garder en vie le Pont Colbert. »

Les Tam Tam se taisent, la cornemuse prend le relais. Des papillons de tracts se posent sur les mains des passants : « CASSE PAS MON PONT ! OUI A SA RESTAURATION, NON A SA DESTRUCTION ! Rassemblement à partir de 13 heures. » Les animateurs coiffés de chapeaux corsaires aux couleurs orange, jaune, blanc, vert, suivent le cornemuseur et entrainent dans leur marche dieppois et touristes. Des voix s’égosillent « Venez à 13 heures au Pont Colbert ». « On est d’accord. » « J’habite en face du Pont, je vais venir. » Un chien berger tire son maître vers le défilé, le bus « Beau Soleil » klaxonne. Suivre l’itinéraire jusqu’au Pont Colbert. Sur la petite place, juste avant le Pont, une scène est montée, un groupe entonne des chants marins, des stands de galettes et de boissons, des brochures, des affiches sur le Pont Colbert, des cyclistes, jeunes et moins jeunes fourmillent. Des rubans aux couleurs vermillon, bleu mer, jaune tournesol, vert d’espoir sont vendus pour habiller le pont, lui donner les couleurs du cœur. Des amas de gens un peu partout, une voix couvre les bruits : « le Pont Neuf, le Pont du Gard, le Pont de Vaison-La-Romaine, le Pont de Millau, le Pont Vecchio sont avec nous. » Un brouhaha d’appels à signer la pétition, à soutenir le pont.

Soudain, un bateau apparait ! C’est alors que le Pont Colbert se met à tourner, il glisse au-dessus de l’eau malgré sa masse de fer, des cris d’admiration, des applaudissements, couvrent la musique, des appareils photos, des téléphones portables, à bout de bras, suivent la danse du Pont. Oui, le Pont Colbert est vieux et beau ! Il s’arrache au paysage un court instant, juste ce qu’il faut pour que le bateau traverse devant un public qui devient silencieux, comme s’il était au spectacle. Le Pont retourne et se referme, il entre en un sommeil, en un repos qu’il partage avec les passants et les voitures, sur son vieux dos. Des rubans flottent au vent sur les croisillons du Pont Colbert, des écrits « Pont Colbert, on t’aime ! »

Le Pont Colbert est vivant. Il vit au souffle de la ville !

Le printemps du Pont ColbertLe printemps du Pont ColbertLe printemps du Pont Colbert
Le printemps du Pont Colbert

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 18 Mars 2015

Thriller qui se passe dans le milieu de l'art, au Portugal et en Afrique
Thriller qui se passe dans le milieu de l'art, au Portugal et en Afrique

Une piste en Afrique...

Loin de se sentir traître à ses idées, Juan Vercial, sculpteur, sombre peu à peu dans les méandres du crime désorganisé avec ses amis, anciens guérilleros.
Défenseur de « l’art rebelle », Juan s'oppose aux galeristes, aux commissaires-priseurs, et à tout ce petit monde qui traficote. Même l’amour ne l’empêchera pas de se détourner de l'objectif qu'il s'est fixé. Seul Michel Janbart, d’Interpol, guidé, lui aussi, par un idéal, parviendra à faire « voler en éclat les trésors cachés dans la pierre ». Dès lors, la vérité éclatera, brillante et brûlante.

La mort attend toujours son dû.

Pour en savoir plus, je vous invite à lire mon livre, La Sculpture complice....

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 25 Janvier 2015

Sauvons le Pont Colbert de Dieppe, le seul pont tournant en Europe. Conçu par l'ingénieur des Ponts et Chaussées, Paul Alexandre, en 1889, inauguré en 1925, ce pont est menacé de destruction aujourd'hui.

"Unique également son mécanisme d’origine, dont l’illustre « cousin » est celui de Tower Bridge à Londres (intégralement conservé – automatisé en 1970)".http://www.pontcolbert.fr/a-propos-du-pont/

Merci de votre soutien.

 

 

Sauvons le Pont Colbert

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 21 Décembre 2014

Crédit photo : Ph. Léon

Crédit photo : Ph. Léon

Au cœur du navire, il est là, blottit, l’homme au bonnet bleu. Il colle son oreille contre la coque ; un craquement sourd et caverneux, des tirs, le bruit des coutelas que les pêcheurs dégainent sur la banquise. Est-ce le navire qui se meurt dans les glaces, son ventre que l’on éventre, ou celui des manchots et des baleines ?

Nuit froide.

Dans sa poitrine, des bruits de grêle. Les lèvres gercées cachent la parole givrée. Un goût amer coule dans sa gorge. La pluie s’épanouie dans ses yeux. Oublier pour une nuit, chasseurs, glaciers, Adélie...

Encore une longue nuit. 

Le pont n’est plus que muraille, la coque grince, les cordes s’éraillent. Le bonnet bleu de l’homme rigole entre ses doigts. Le marin rêve. Sous la grande vague d’une mer lointaine et chaude, son corps plonge, en chute libre, le temps d’un songe. Les albatros volent, barrant le ciel, un souffle bien-aimé réchauffe son visage rougeâtre. Le voilà fébrile au creux de la nuit, son bonnet vogue entre ses genoux. Toucher le ciel, bleu aigue-marine, bleu de minuit, bleu d'outre-mer. Suivre le fil du cerf-volant comme lorsqu’il était enfant, la corde visible au doigt, l’oiseau magique devenu minuscule, invisible au ciel. Jeunesse soufflée par les vents. Est-ce le rêve qui s’écroule d’un seul souffle ? Même tombé, l’écho serpente au fond des fjords, la gueule de l’ours blanc s’ouvre !  Grimper au troisième mât du navire, moussaillon !

La lune brille, aussi blanche que la neige.

Les mains du marin se crispent, la peur scintille sur son front, la pluie coule sur son dos, et cette blessure au cœur rallumée aux heures sans jour...  Adélie, ce prénom marqué sur la conque du navire. Les glaces ne dorment jamais, elles respirent, s’étirent, se chevauchent sur la lande poudrée. Le jour n’est que mirage. Et dans le rêve, voir le ciel, la lumière comme clapotis sur l’eau ! Au pays des glaces éternelles, le marin ancre sa vie.

La nuit touche à sa fin.

Publié le 12 Octobre 2014

Des rêves, comme le souffle d'une calligraphie, dans la nuit...

1ère nuit, Shôki, le chasseur de démons

Au couchant…

Un guerrier chinois chevauche un cheval de papier pour chasser les démons. Sous la grande écume qui fume au large de la côte d’Opale, le ressac remonte et dresse ses tentacules de mousseline.

Le temps s’éclabousse... présent, futur et passé  fondent dans le brouillard, le cœur sautille aux lèvres.  Disparus, les continents ! 

Au creux de l’océan, un navire se hisse, porté par les monts blancs de la houle.

Le vaisseau d’or devient flottant.

La pointe du jour éteinte, l’angoisse respire, la nuit s'éclaircie,  les lames se brisent sur la muraille de Chine. C’est alors que rebondie sur le mur de ma chambre, une lumière voilée et vibrante qui coule sur mes joues. Surgit du brouillard, Shôki avec son étendard pointé vers le ciel qui galope sous les fleurs du prunier. A peine né, le jour se détache en grappe de raisins. A l’horizon, dégagé des tempêtes, le vaisseau d’or coiffé d’un arc-en-ciel poursuit sa route, toujours vers les lointains. L’espoir vrille sur l’eau comme feu d’artifice, du temps où je sentais votre corps, tout près.

Le démon s’endort, le guerrier rentre, blessé, retrouver les dieux d’allégresse.

En ce jour nouveau jusqu'au couchant.

2ème nuit, Veshakaaran, le danseur de la nuit

Le jour tombe dans la lune qui s’éveille. Un homme souffle dans un coquillage. Ma tête plonge dans l’oreiller, le rideau se lève.

Au pays des Esprits, les couleurs soufflent la vie. Des tapis recouvent la scène, un jeune homme jongle avec des balles, les poudres de maquillage sont disposées sur le sol dans de petits bols. Deux ans pour apprendre l’art de marier les couleurs du fond du coeur : l’huile de coco et le curcuma donnent naissance au jaune, le poivre et la poudre de riz réveillent le noir.

Un danseur entre, habillé d’un pagne blanc, le visage peint en vert, le front safrané. C’est Jayanthan, le guerrier dévoué à la paix. Le jongleur quitte ses balles pour allumer une lampe. Lalitha surgit, le visage doré, les yeux à demi-fermés, soulignés de traits d'ébène, la bouche empourprée, une arabesque coule sur ses joues, un point rubis en guise de continent sur son front.  Du moindre de ses mouvements émane l’odeur de fleurs d’oranger. Derrière son dos, le démon Naraka brûle sous son masque ténébreux et enflammé. Jayanthan lutte contre la force maléfique de Naraka, et le pousse, dans un dernier assaut, au creux de la terre.

Tintement de clochettes, battements de tambours, la cithare fait place à la flûte, les danseurs glissent sur le sol,.  De leurs yeux, ils dansent, leurs mains traversent l'espace, descendent vers leurs ventres,  se hissent sur leurs poitrines, dressent des coupoles entre ciel et terre.  Neuf silhouettes aux neuf visages de l’être humain.  Les corps se déplient, se grandissent, touchent les cieux pour exprimer …

le chagrin-  la fureur - le courage -  la peur  - le dégoût - la joie - l’émerveillement  - l’amour  -  la paix.

Neuf vies, imaginées dans la nuit, dansent au-delà du rivage. Jayanthan séduit par la beauté de Lalitha renaît de son combat, et meurt en laissant Lalitha rejoindre Shiva, le roi de la danse.

Dernier souffle sur l’oreiller comme dans un coquillage avant la marée.

Shokî, le chasseur de démons, Lalitha au visage doré, Naraka le démon, Jayanthan, le guerrier dévoué à la paix Shiva le roi de la danse
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Shokî, le chasseur de démons, Lalitha au visage doré, Naraka le démon, Jayanthan, le guerrier dévoué à la paix Shiva le roi de la danse

Shokî, le chasseur de démons, Lalitha au visage doré, Naraka le démon, Jayanthan, le guerrier dévoué à la paix Shiva le roi de la danse

Rédigé par Champagne Michèle

Publié le 15 Août 2014

Imaginez que pendant la nuit, dans une librairie, des livres se font la malle, certains valsent, d'autres chahutent, certains prennent l'autoroute non numérique pour tracer une carte imaginaire, celle des mots, portés par les vents, au-delà des murs, alors que chacun de nous dort, ou pire encore, les grands s'endorment sur leur livre ouvert, fenêtre fermée, émerge que le tintement des voyelles et consonnes qui s'entrechoquent...

De tout cela, n'avez-vous pas le goût de lire à travers les lignes ce monde imaginaire qui coule en phrases délaissant les paragraphes à la vitesse de l'imagination ?

Rédigé par Champagne Michèle