Publié le 12 Août 2016

On dirait deux frères aux mêmes tournures, épinglés de fer, nés pour supprimer les distances, rapprocher l’un par rapport à l’autre. Le premier - Oskar - est à Liepaja en Estonie, le second - Colbert - est à Dieppe en Normandie. Tous les deux tournent pour laisser passer Baltans, Fanatas, Jussys, ces voiliers d’été qui sillonnent les mers. Oskar et Colbert sont du même moule, ils invitent à changer nos regards lorsqu'ils glissent sur l'eau.

Alors les rêveurs posent pied dans leur tête.

Les ponts tournent, sans bruit.

Oublier le souffle de la ville.

Respirer profondément lorsque la colonne dorsale des ponts ne fait plus le dos rond.

Colbert et Oskar sont munies de toupies pour faire tourner dames poutrelles sur le chenal pendant que sur le pont des bateaux, les plaisanciers s'activent au gouvernail. Tous les drapeaux du monde se déroulent au vent comme cerfs-volants pendant qu'Oskar et Colbert déploient leurs ailes pour toucher le coeur des citadins et celui des marins.

A gauche : pont Oskar Kalpaks drawbridge - Liepaja Estonie ; à droite, pont Colbert - Dieppe, NormandieA gauche : pont Oskar Kalpaks drawbridge - Liepaja Estonie ; à droite, pont Colbert - Dieppe, Normandie

A gauche : pont Oskar Kalpaks drawbridge - Liepaja Estonie ; à droite, pont Colbert - Dieppe, Normandie

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 2 Août 2016

Visite d'EUROPA NOSTRA sur le pont Colbert à Dieppe du 31 Mai au 2 Juin 2016. Intérêt international porté au Pont Colbert, sa singularité technique et patrimoniale en font une architecture à conserver, à protéger et à restaurer.

“The Colbert Bridge is the largest swing bridge still operating in Europe with its original mechanism. Its equipments, fully hydraulic, are of a great elegance and simplicity. Apart from the replacement of the steam pumps with electrical pumps in the 20s, the entire mechanism from 1889 is still intact and has been preserved, as well as the bridge itself, almost all its authenticity and integrity.

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 18 Juin 2016

Forêt d'Amboise et les EtangsForêt d'Amboise et les Etangs

Forêt d'Amboise et les Etangs

Dès la fin de l’après-midi, nous nous enfoncions dans la forêt de chêne, les raies du soleil irradiaient les feuilles, les talus, l’herbe.  Le sol fumait encore après la pluie du matin. Nous marchions jusqu’aux étangs faisant bien attention de ne pas glisser sur l’herbe mouillée.  Assise sur un banc, je me parlais en secret pour accompagner mes rêves, la tête pliée vers la poitrine, c’est à peine si je bougeais les lèvres. L’eau dansait sous le vent, des feuilles aux branches volaient, certaines tombaient sur nos cirés. La pluie arrivait d’un seul coup dans le lit étroit d’une parcelle de ciel entre les nuages. Tout près, une cabane délabrée rendait service à la saison de la pêche, nous nous précipitions à l’intérieur pour être à l’abri durant l’orage.  Puis, la clarté venait, et nous allions vers de grandes clairières sous un ciel pommelé de petits nuages, devinant les futures coupes à l’automne : quels seront les chênes à abattre ?  Tournant et retournant entre les arbres, je me suis calée contre un jeune chêne, frottant mes bottes mouillées l’une contre l’autre tout en récitant un poème, les yeux rivés au sol.  L’herbe devenait du feutre, tout devint doux.  Je goûtais la beauté du spectacle dans ma solitude, j’inspirai, les  poumons gonflés de l’odeur de la terre mouillée, je frottais mes yeux jusqu’à ce que les arbres deviennent des échelles à gravir vers des paysages inconnus. 

C’est alors que mon visage s’éclaircit…

ll n’y avait ni début ni fin, juste ce moment dont je garde le secret.

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 25 Mai 2016

Harmonie - Ph. Leon et Liberté - F. Petitjean
Harmonie - Ph. Leon et Liberté - F. Petitjean

Harmonie - Ph. Leon et Liberté - F. Petitjean

 

Un exercice d’écriture par deux amies à partir de deux photos prises par leurs conjoints.   Deux et deux font quatre, autant de visions du Cap Frehel.

Michèle CHAMPAGNE et Teresa Petitjean

 

Quand la mer nous parle, dans les yeux d’un enfant apparait la surprise et l’émerveillement.

Le marin cherche le cap alors que le bruit du chalutier envahit le silence, la mer s’ouvre, la pointe de la Rade devient plus petite, grâce au mirage !

 Laissons cet homme se retrouver dans cet instant,

seul, face à lui-même pour mieux saisir la beauté du paysage

et goûter le doux et l’amer de son existence.

Cordages et balises jettent leurs ombres au soleil de six heures, dans ses filets, une pêche bien fournie pour nourrir les vacanciers et les familles de la côte.  Sur la falaise, hommes et femmes déambulent, bras ballants, d’autres prennent un goûter.  Son équipier prépare les filets, superstitieux, ni l’un, ni l’autre ne prononcent les mots qui portent malheur – curé, corde, noyage, loup, chapelle -  il n’a jamais perdu un homme à bord même lorsqu’il a vu la mort de près.

La façon dont il vit son métier anime son esprit.

II reste le seul maître de son temps et de son lien avec les autres.

 Il marche sur la mer, son univers depuis toujours.

Le chalutier est au large, soudain, un ciel gris d’orage met en lumière les nuages qui avalent l’air, l’horizon, la mer.  Le vent souffle le ciel et la terre, les vagues  roulent avec fracas, l’encerclent, la mer gronde à bâbord, à tribord.

Il est temps de partir ailleurs,

de laisser ces moments vécus dans le coffre de ses souvenirs.

Il est temps de retrouver ceux qu’il aime.

Naufrage à l’horizon. Les yeux aigues-marines de sa gamine lui lancent un signal de détresse depuis la terre ferme, alors il se cramponne à la barre, tout son corps ruisselle, tenir…tenir… jusqu’à la prochaine vague, encore et encore.  Son équipier chuchote « dieux des mers et des océans libère nous de cette tempête."

Il ne peut pas échapper aux aléas de la nature,

 le temps lui paraît une éternité.  Figé dans sa peur,

 il lève les yeux au ciel comme un vœu pour exorciser ce moment,

pour que cela se termine, pour dompter son impuissance.

Dire le mot que les hommes de la mer n’osent pas prononcer – la peur –  cette écume blanchâtre qui colle à la peau et vous tire dans l’abysse, hurler le « chant à virer «  pour donner de la cadence à l’effort.  Deux marins agrippés au gouvernail, quatre mains qui étouffent le monstre marin, atteindre la Rade, la Rade…

Les dieux l’ont écouté, la tempête a laissé place à un soleil enivrant

Soulagé,  il entend le chant des oiseaux autour de lui.

Désormais sa route est dégagée, son destin lui appartient.

 

 

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 24 Mars 2016

L'organisation européenne 'EUROPA NOSTRA', réseau de 400 organisations non-gouvernementales dédiées à la protection du patrimoine, soutenu par la Commission Européenne et la Banque Européenne d'Investissement, établit chaque année la liste des 7 sites patrimoniaux européens les plus en danger et fait du lobbying pour leur sauvegarde. En 2016, le Pont Colbert a été inscrit sur la liste suite à un dossier déposé par la Fondation du Patrimoine.

Bravo à tous ceux et celles qui soutiennent le pont Colbert. Restons encore sur le pont, prochaine étape, l'inscription à l'inventaire des monuments historiques.

 

http://7mostendangered.eu/2015/12/10/colbert-swing-bridge-in-dieppe-normandy-france/

Le Pont Colbert retenu par Europa Nostra
Le Pont Colbert retenu par Europa Nostra

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 6 Mars 2016

Van Gogh Terrasse de café la nuit

Van Gogh Terrasse de café la nuit

Ce n’est pas un rêve mais un jour en sommeil.  

Son souffle n’est jamais aussi apaisé que lorsqu’il sort, chaque soir, à vingt-deux heures.  Ses pas allongés l’amènent au café, toujours le même ; contre lui, son chien flaire les pavés luisants sous les réverbères de la rue des Carmes.  Le mur de pierre qui borne une résidence assombrit l’entrée du troquet.  Une femme se languit dans une brève trêve tandis que l’homme et son chien passent devant elle pour prendre place à leur table habituelle, celle qui borde l’angle droit de l’impasse et de la rue piétonne.  

Une odeur de musc, la jeune dame se retourne pour voir le visage de l’inconnu : une face blanche et osseuse, des joues creuses, le menton en pointe, un trentenaire, visiblement.  Le voilà qui allonge ses jambes sous la table, à la vitesse d’un escargot ; au même moment, ses doigts plongent dans la poche de son pantalon pour en extraire un briquet et un paquet de Marlboro.  Sans saluer le serveur, il commande un demi d’une voix profonde et tranchée ; brusque tour de tête à droite, à gauche, une fois dans l’axe vertical du corps, son nez touche la cigarette, son cou se crispe pour aspirer la fumée – une longue inspiration, sa poitrine se gonfle comme un ballon. Contre ses pieds, le cabot love son museau tel un petit chiot.  

La nuit plonge son ombre sur l’église, le café, les boutiques et les passants, sans doute des touristes en cette saison.  L’homme et son chien ne sont plus que frêles silhouettes qui s’amenuisent, seul le feu d’une cigarette vibrionne dans l’air. 

Ce n’est pas un rêve mais une nuit qui s’éveille.

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 23 Janvier 2016

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Je publie, avec l'autorisation de l'auteur, un très beau texte de conviction et de chaleur humaine, "Maintenant, je sais", d'Alexandra Sobczak, sur le patrimoine et sa valeur universelle.  

Dans le mot patrimoine, il y a" Patrie", celle de l'Humanité, et "Moine", la dimension spirituelle qui nous invite à vivre notre Humanité.

On ne peut pas évoquer le patrimoine sans avoir une pensée pour Paul Léon qui fut un défenseur du patrimoine. Né le 2 octobre 1874, Paul Léon était directeur général des Beaux-Arts, puis professeur au Collège de France en histoire de l'art monumental.   Pendant la première guerre mondiale, Paul Léon s'est occupé de la sauvegarde des monuments et de leur réhabilitation après la guerre.  Il termina sa retraite comme conservateur au musée Condé de Chantilly, où il décéda le 1er août 1962. 

 

Alexandra Sobczak

« Maintenant, je sais....

Je me suis souvent demandée pourquoi du jour au lendemain, j'avais décidé de consacrer ma vie à la cause du Patrimoine.


Depuis 3 jours, je sais....


Une phrase, une seule petite phrase, a réussi à me faire comprendre pourquoi je me suis sentie "investie" par cette mission.


" Le Patrimoine appartient à ceux qui n'en ont pas"! phrase de Philippe Dorthe,qui m'a gentiment autorisé à le citer.


La voilà enfin l'explication ! Moi qui ai tout perdu le 26 janvier 2011, donc, cela va faire cinq ans, j'ai dû vouloir à travers ce combat, me réinventer une mémoire, un passé pulvérisé à cause d'un présent trop difficile à surmonter.


Ma vie était un champs de ruines, défendre cette cause me permets de tout reconstruire. Démarche peut être égoïste, mais défendre le passé m'offre un avenir.

Avenir incertain, sans doute, mais rien ne me plait plus que de lutter pour la mémoire, la culture et l'histoire...
Alors merci Monsieur Dorthe, merci de m'avoir éclairé. J'espère me montrer digne de cette mission que la vie m'a confié.


Oui, je sais, tout ceci est un peu "lyrique" pour certains, mais dans notre triste monde un peu de lyrisme et de naïveté ne peuvent pas nuire.


Même si je perdrais beaucoup de batailles, je suis certaine de ne pas perdre la guerre!

La guerre une fois de plus, contre les démolisseurs de mémoire et les grands faiseurs de parkings !!!


Je profite de ce post pour remercier également Nicolas Portes , qui m'a joliment surnommé "La Patrimonieuse"! Je trouve ce terme tellement juste, une contraction de Patrimoine et laborieuse, une très belle définition de ce que je suis !


Voilà, maintenant je sais, je sais que la vie ne nous épargne rien, mais qu'elle nous apprend tout. »

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" Le patrimoine appartient à ceux qui n'en n'ont pas" Philippe Dorthe
Paul Leon (publication avec l'aimable autorisation de Florence, Michel et Philippe Leon

Paul Leon (publication avec l'aimable autorisation de Florence, Michel et Philippe Leon

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 1 Janvier 2016

Bienvenue à l'année 2016

Si on additionne les chiffres qui composent 2016, 2+1+6, on obtient 9, et le 9 est le symbole des efforts récompensés. Alors, souhaitons au Pont Colbert qu'il soit inscrit au Patrimoine des Monuments Historiques en 2016.

Bonne année 2016 à tous ceux qui nous lisent, et merci pour votre fidélité.

Michèle

Pont Colbert - Dieppe Normandie - Monuments Historiques

Pont Colbert - Dieppe Normandie - Monuments Historiques

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 18 Décembre 2015

Dame Politesse m’observe dans son tailleur deux pièces en pied de poule, chignon relevé et perles aux oreilles. Dans cette cuisine parisienne aménagée pour recevoir quatre convives, sans plus, je regarde Rémi, ce collègue qui m’a gentiment invité à dîner. Amoureux du Paris ouvrier, Rémi s’est récemment marié avec Paola, d’origine italienne, qui donne un rayon de soleil dans cette soirée d’hiver. Au centre de la table se dresse le bateau ivre. A son bord, ces coquillages vivants dans les profondeurs des océans. Naufragée je deviens, cherchant refuge auprès de Dame Politesse, tapie près de la fenêtre, coincée entre la salade et le plateau de fromage. Mon désespoir est tel que mon imagination l’appelle pour trouver une formule toute en allégresse… avouer ma répulsion, mon obsession, mon aversion pour ces bêtes de mer qui sommeillent en s’enfonçant dans le sable, toujours plus au creux de l’océan et de l’obscurité. Aucune issue ! Paola m’invite à plonger dans le récif avec une douceur océane tandis que Rémi remplit mon verre d’un Chablis premier cru. Ah ! Comme j’aimerai savourer un maquereau au vin blanc.

Les yeux grands ouverts sur la montagne d’huîtres, je me remémore les caractéristiques de ce Chablis Vaudésir : le sol, calcaire "Kimméridgien" contient des milliards de petits fossiles marins dans un ciment blanchâtre qui a dû être le fond de l'océan. Du bout des doigts, je prends un animal à la chaire molle et verdâtre dégoulinant d’eau, le dépose sur mon assiette. Dame Politesse me montre les cinq doigts de sa main, me voici pêcheur dans le vingtième arrondissement parisien ! Le moment est venu de rapprocher la marenne de mes lèvres : « rappelle-toi, les huîtres, perles rares des grandes occasions », chuchote Dame Politesse tout près de moi. Au nez, une odeur salée… persistante…à marée montante. Plaisir des vacances et farniente. Et c’est alors que j’ouvre la bouche tout en regardant le bout de la coquille légèrement relevée comme une proue de navire. Et je me hâte, j’aspire, j’avale cet être vivant d’un coup pour qu’il ne se rétracte pas en sentant son trépas arrivé. « Rappelle-toi que l’univers est composé de corps et de vie, et que l’huître ne fait pas exception », me glisse dame Politesse à l’oreille avant de disparaître dans le ciel étoilé de mon esprit. Alors, je bois le Vaudésir jusqu’à la lie, je savoure ma victoire. Je suis enfin sorti de ma coquille. J’ai mangé des huîtres pour la première fois de ma vie !

 

Laissons parler nos sens

Rédigé par Michèle Champagne

Publié le 22 Novembre 2015

Eh oui, voici un bel exercice pour guider ceux et celles qui veulent faire chanter notre belle langue et ses racines, une langue toujours vivante. Je vous invite à découvrir Solange, qui, comme un ange, nous fait danser sur les mots au détour de découvertes.

A consulter sans modération avant tout voyage au Québec ou pour se ressourcer !

https://m.youtube.com/watch?v=qYm83H5TOMM&feature=youtu.be

Le Québécois, une langue qui invite à chanter
Le Québécois, une langue qui invite à chanter
Le Québécois, une langue qui invite à chanter

Rédigé par Michèle Champagne