Crédit photo Ph. Léon 2004 - Port Royal (Acadie, cf. Nouvelle Ecosse aujourd'hui)
Charles Orillon dit Champagne, désigné sous l'adjectif de Charles fils pour le distinguer de son père, pousse son premier cri le 7 août 1713 à Annapolis Royal, anciennement
Port-Royal, en Acadie. Son père est Charles Orillon dit Champagne, Français d'origine, natif de la ville de La Flèche, du département de la Sarthe (duché d'Anjou à l'époque). Sa
mère se prénomme Marie-Anne Bastarache, d'origine Basque. Le 22 septembre 1734, Charles (fils) Orillon épouse à Port-Royal une jeune fille, Marie-Anne Richard. Une famille prend alors
racine autour de onze enfants.
D'où lui vient son surnom ?
Ce sobriquet indique probablement l'origine géographique de l'ancêtre, Charles Orillon, celui qui quitta la France pour gagner les rives du Nouveau Monde. Plusieurs communes situées sur le territoire de la Champagne Manzelle, près de la ville de La Flèche, sont nommées de l'épithète " en Champagne ", de par leurs anciens ressorts féodaux.
Vers un refuge : le Québec
Charles Orillon (fils) passe la première moitié de sa vie à Annapolis Royal. Il est témoin de batailles que se livrèrent les Français et les Micmacs contre les Anglais pour reconquérir l'Acadie Française. A-t-il participé à l'une d'entre elles ? Lors du " Grand Dérangement ", expression qui désigne la déportation des Acadiens par les Anglais, de 1755 à 1763, Charles Orillon (fils) se réfugie dans les bois de la rivière Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) avec quelques familles, vivant de chasse et de pêche, dans la plus grande misère. Le froid les a sans douté meurtri malgré la beauté des lieux. Ses frères sont déportés en Nouvelle-Angleterre, d'autres trouvent refuge en Louisiane, contrée placée sous la tutelle de la France.
Charles Orillon (fils) gagne le Québec par la rivière Saint-Jean (cf. Nouveau Brunswick), à travers les bois. On le retrouve à Québec comme en témoigne les naissances de
quelques uns de ses enfants et le mariage d'une de ses filles. La vie à Québec est difficile pour les Acadiens. L'intendant Français détourne l'argent dédié aux Acadiens. Ces
derniers en sont réduits à quelques bouchées de pain, à de la viande défraichie, voire à mendier.
Charles décide alors de quitter cet endroit de malheur pour la région de Bécancour (près de Trois-Rivières au Québec) avec la famille Boudreau. Il y reste quelques
années pour s'établir par la suite à Nicolet (près de Trois-Rivières au Québec). Après la mort de son épouse, Marie-Anne Richard, il convole en secondes noces. Le 27 juin 1863, il
prend comme épouse Marie Métis Doucet. Le second prénom de sa deuxième épouse ne fait pas l'ombre d'un doute sur son origine autochtone. Les Orillon dit Champagne acquièrent
au fil des années quelques arpents de terre aux abords de la rivière Nicolet. Charles Orillon (fils) rend son dernier souflle le 19 mars 1790, à l'âge de 76
ans.
Les Orillon dit Champagne figurent dans la liste des familles pionnières Acadiennes au XVIIIè siècle. Ils ont élu domicile à Nicolet où ils sont considérés comme l'une des familles souches Acadiennes de la région. Une rue porte le nom des Orillon dit Champagne. Le passant ne se doutant pas de cette histoire, jette un rapide coup d'oeil sur ce nom et poursuit sa route.
Crédit Photo Ph Léon 2004

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