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Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 13:26

Le photo-club d'Eaubonne m'a invité à participer à leur projet qui consistait à illustrer les photos de mains  des résidents d'une maison de retraite par des textes.  En voyant ces paumes ouvertes et fermées, ces tâches de vie égrenées sur la peau, ces sillons creusés au fil du temps, des souvenirs enfouis au creux des mains, il m'est venue l'idée d'écrire des haïkus . Merci à Jean-Pierre EVEN  du photo-club d'Eaubonne d'avoir autorisé la reproduction de ses photos sur mon blog. 


Janvier Mains copie

J JANVIER

Pluies, neiges et vents

Sur le seuil de la porte

Mains sans parole

J’ai brodé ton nom

Tout au long des jours sans fin

Et traîne le temps 


  FEVRIER
Février mains

Espoir de février
La main qui la tient serrée

Est purifiée

 









Mars mains copie    MARS

Au vent du printemps

Les gestes pleins de vigueur

Attendent pour bouger






    AVRIL  Avril mains copie

Au creux de ma main 
Une perle blanche -

Des mots sans ombre







  Mai mains copie                                              

    MAI

Toujours femmes-

Les chaleurs du désir

L’emplissent d’espoir





   JUIN
Etreintes muettes
   Juin mains copie

Des papillons de baisers

Garder les rêves









Juillet mains copie   JUILLET

Roulent les billes

Voix et rires -

Sous la brise d’été




  
   AOUTAout mains copie
Tant de souvenirs

Au soleil pourpre des îles 

Lèvres en sourire













Septembre mains copieSEPTEMBRE

Modeste cadeau

T’apprendre à coudre la vie

Seuil de sagesse






  OCTOBRE   Octobre mains copie

Un pas de danse

Frisson dans les jambes

Fête des vendanges

 










  NOVEMBRE  Novembre mains copie-copie-1

Après cette longue pause        

Mains sur mes genoux     

Roses en tête









Décembre mains copieDECEMBRE

Une année s’en va

A mes parents j’ai caché

Mes cheveux blancs

Par Champagne - Publié dans : Haïkus - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 26 décembre 2009 6 26 /12 /Déc /2009 17:49

Sur le dos d’un dromadaire, les lettres s’emmêlent, l’esprit vagabonde.

Au plaisir des mots.
Chameau ou dromadaire JAISALMER


A…

Comme un début.

Une nouvelle page.

Un nouvel amour.

Première lettre de l’alphabet.

A toi pour toujours.

Ainsi soit-il.

 

B…

Un « bonjour » rebondit.

Branle-bas dans le bus balloté de tous bords.

Balbutier, bâiller, bises sous la brise.

 

C…

Cimetière de chrysanthèmes.

Tombes fleuries.

Arbres dénudés.

 

D…

Dîner en ville ?  Trop facile !

Dérisoire la demande de partir doucement bras-dessus, bras-dessous.

Un dessin animé ? 

Dis-moi, de quoi sera fait demain ?

 

E…

Ebouriffée, au bord du fleuve, elle court et coule.
Et… si c’était vous ?

 

F…

Fabiola, sicilienne, se promène sur la place de Sienne un soir de fête sans fioritures, elle frôle la foule.

 

G…

Glisse sous le pont du Rialto le Grand Canal.

Geneviève rentre tous les soirs le livre de Gogol sous le manteau.
La nuit, voguent les gondoles, de  minces silhouettes flottent sur le Palazzo.

 

H…

Héliport.

Ils partent tous sans savoir s’ils vont revenir de ces pays dont certains ne connaissaient même pas le nom avant de s’engager.

Des médecins, infirmiers, ingénieurs licenciés, tous ces métiers qui posent un diachylon sur une plaie à la grandeur d’un pays.

 

Intermezzo…

Petits pas posés au sol volent au-dessus des carreaux de marbre.
Au loin, la lune éclaire le fleuve.  Une famille revient du marché, barque vidée de fruits et de légumes.  Le calme mais la misère est là comme le remous qui ne cesse de tourner, de tourmenter les entrailles.

Dans un immeuble de verre, un homme regarde la ville illuminée. Obscurité dans la tour d’ivoire, une ombre, celle d’un visage sur la baie vitrée. De guerre lasse !

 

I…

Ironie du sort, la bille tombe devant moi.

L’hiver me glace sur place.

Ivre, le jeu m’enivre.  Point d’insomnie.

Me voici irrécupérable !

 

J…

Je est moi.

Tu es toi.

Il est l’autre.

Nous en sommes.

Vous ? Ah !

Ils désertent tous sans elle.

 

K…

Khôl. 

Des yeux en amande soulignés de khôl, des formes longues et fines.

Elles marchent d’un pas lent, leurs vêtements gonflés par le vent.

Saris vermillon, bouton d’or, vert bambou, une arabesque vibre et se gonfle entre coulée de béton et poussières.

 

L…

Lueur. 

Une faible lumière au lever du jour et tout autour le paysage s’étire.

La clef des songes emportée par la lune. 

La route émerge dans la brume.

 

M…

Mémoires de souvenirs.

Métissage des genres et des gens.

Ma foi… promesses tenues, paroles en l’air.
Mal-être trimballé dans les cafés préférés.
Monde de l’amitié sans frontière.

Mozart, toujours !

Mystère ! Qu’arrivera-t-il à la terre ?

 

N…

Le noctambule séjourne dans la savane, désespéré de ne pouvoir s’y promener. 

La nuit, les lionnes chassent.  Le risque à l’aurore de finir entre les pattes de lionceaux noie les ardeurs.

Quoi de plus difficile pour un noctambule d’être cloîtré sous une tente, cœur en attente du jour faute de sommeil. 

Alors, le seul divertissement consiste à écouter les bruits de la savane, le rugissement des lions, le raffut des hyènes, les pas pesants des éléphants, les mâchoires acérées des crocodiles. 

Mandibules… Noctambules…

Rester dans sa bulle.

La coupe est pleine.   Un bipède sort de son tipi et tente le diable.
Bon appétit !

 

O…

Orfèvrerie pour les autres.

Orizon sans H.
O comme un cercle fermé.

O deux notes de solfèges.

Orlando, la ville à double croche.

Obama ?  Yes !

 

P…

Pyramides enneigées aux portes du paradis.

 

Pause…

Comme les nagas qui bordent les temples d’Angkor, les langues des bergères esseulées jettent un mauvais sort. 

Hypocrisie sous leurs coiffes.
Vite, tourner la page !

 

Q…

Que faut-il de plus ?

Quelques lignes griffonnées que le diable emporte.

 

R…

Ruelles enneigées.
Slalom des enfants des villes.

Monts à dévaler entre les bidons d’huile.

 

S…

Suivre des yeux sur la vitre givrée la neige.
Envolées les traces, la nature de blanc vêtue, partout.

Paysage gelé, silence étouffé.

Buée.  Beauté. 

Sourire esquissé.

 

T

La cérémonie du thé en quatre temps.

Wa, harmonie entre soi et ses invités.

Kei,  respect entre les personnes et envers le thé.

Sei,  pureté, la boisson inaltérée aide à purifier les pensées.

Jaku, tranquillité de l’esprit.

Corps apaisé.

 

U…

Un ne peut se diviser.

Encore moins s’unir.

Un seul nom… unique.

A la une :  les ours polaires sont-ils unipolaires ?

U avec sa courbe au fond qui remonte… ulcéré, l’écolier.

Y-a-t-il un seul univers ?

 

V…

La vérité est ailleurs.

Pour voir autrement, enlever la visière.

Vision panoramique.

Vertige.

 

W...

Ecrire en un seul souffle le double v de la victoire

Dans le wagon-lit, si un corps tombait ?

Ah !  Newton, j’oubliais.

 

X...

Un peu de xérès pour habiller vos rêves ?

Au fond du jardin, un xylophone résonne

Les xanthies, ces papillons, jaune et roux, saupoudrent la nuit.


Y...
Yuppie... entre deux soubresauts du yen
une posture de yoga pour éviter de yoyoter.
 

Z...

Zut.. la dernière lettre

Des notes de jazz

ZZZ…les cigales chantent.

 

 

 

 

 

 

Par Champagne - Publié dans : Nouvelles - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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