Printemps japonais
Tombent les fleurs de prunus
Pas un bruit, seul !
Dame nature jette un drap blanc.
Bouderie sauvage.
Moue des mauvais jours.
Les génisses ruminent sans se soucier du Dieu des vents.
En pénitence les âmes égarées.
Le bâton du pèlerin bute dans la montée et résonne tel un tocsin.
Les palmes des éoliennes tournent sans cesse, jouant à cache-cache avec le ciel moutonné.
Le temps s’égrène, courre, s’étiole, s’assombrit, se dévoile.
Soudain, une coulée de lumière balaie le sommet comme le pinceau du peintre glisse sur sa toile.
Tandis que restent tapis les nuages dans la vallée.
Les ombrelles s’ouvrent comme des ailes de papillon.
Les dames japonaises sourient.
Leurs visages teintés de poudre de riz.
De leurs menus chaussons, elles s’envolent vers le vallon.
Laissant loin derrières elles les brebis indociles et le voyageur perdu dans ses pensées.
De raidillons en raidillons, les ombres féminines se multiplient sans fin.
Au gré du vent qui chasse le temps nébuleux.
Sous le regard nacré des éoliennes.
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