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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 21:22

 

 

Chypre

Ph. Léon, 2008

 

Quelques mots pour illustrer les genres, les styles d’écriture.  Variation en musique, toutes lettres soufflées.  

 

Encore la Grèce ! 

Gardez vos émotions dans une fiole, l’écriture blanche éloigne le narrateur des sept nains pour mieux les étudier, les disséquer comme une grenouille. Crucifiés pour la science ou la scène ?  Et l’encyclopédie, univers d’ailes ?  Tout n’a-t-il pas été dit ?  Le mot de la fin ?  Attendons d’avoir écrit le début d’une histoire. 

Finalement, elle préfère écrire des nouvelles à défaut d’en donner. 
Oui, elle aime le court, l’instant qui nait dans un éclair fugace, la fin qui disparaît, soudain.  Au diable, couverts et argenterie !  Vous reprendrez bien une nouvelle instantanée ?  Ah !  Vous aimez l’A-s-i-e !  Eh bien, que diriez-vous de haïkus avec maître Donzen ?  Ou plutôt de fragments autobiographiques enroulés dans des papyrus comme des crêpes dentelles ?  Non, tout compte fait, je me retire sur la lande chanter des Alexandrins, nue de mots.  Les carnets de voyage, souvenirs d’odyssées burlesques,  ne vous inspirent point ?  Des poèmes vous donnent le vertige ? Chute libre dans une œuvre avec ou sans Goncourt.  Alors, restons-en au pamphlet lapidaire sur le monde.  Du rêve ?  Vous désirez du rêve… Un ROMAN !  Rien qu’à évoquer le romanesque, sortez vos mouchoirs, une tragédie grecque

 

Encore la Grèce ! 

A moins que la science-fiction ne vous attire, le style métallique… traits pour traits, on dirait votre figure.  Ou bien ne serait-ce pas le thriller, valeur sûre, tout en clair-obscur. La biographie d’un illustre inconnu, page blanche garantie. A moins d’un fait divers pour distiller une chronique disjonctée.  Renaître avec des mots en puzzle, OuLiPo… illico, avec Queneau. 

Un monologue ou un récit peuplé de mythes et de réalités, de dieux et  de déesses.

 

Encore la Grèce !

Et pourtant les dieux grecs étaient analphabètes. Jusqu’à ce que Palamède, héros grec de l’écriture, joue aux jeux de paume….

Alors, jouons des mots !

Par Champagne - Publié dans : Nouvelles - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 17:14

Une histoire qui se déroule en une seule phrase sans ponctuation comme un diaporama de photos imagé par le souffle des mots.

 

 

mer aquarelle

 

Crédit photo :  Ph. Leon 

 

Prunus en fleurs Brahms au cœur la hanche de damoiselle oscille comme une tourterelle et bat de l’aile de son ombrelle puis traverse le jardin face au vent nuages en contrepoint arc-en-ciel en souffrance le cœur sans la raison a rendez-vous avec la lune alors elle active le pas à peine un œil jeté sur le mont Saint-Michel une pensée pour le messager Gabriel qui à cheval défie les sables mouvants fait fi des mirages terre ciel et mer noués sur l’horizon moment propice à la méditation damoiselle fait faux-bond continue sa route tandis qu’un colibri féconde l’orchidée du Mexique vite le cuistot mélange tomates vanillées et fraises poivrées dans le silence concentré oublie les plis de son coton ouaté sur sa coupole au même instant damoiselle dresse le dard de son ombrelle contre des pirates imaginaires  dans le nectar nacré d’ailleurs les fées naissent sans pousser leurs cris sur l’île de Sein au large l’odeur de gingembre pimenté sous le vent de Bombay sur la jetée damoiselle tourne l’ombrelle recherche le musc de ses voyages douce lumière personne sur la plage sauf le troubadour esseulé danse et chantonne ainsi le désir opère précis par effluves sur la posture des hanches de damoiselle tout près par la fenêtre l’enfant regarde de la balustrade l’ombrelle de fil blanc qui s’emmêle au cerf-volant pendant que jaillit de sa bouche salive sucrée toujours en appétit le cuistot s’attarde comme s’il chassait les mauvaises herbes folles à chacun sa folie de même la sœur de damoiselle bronzée sans parasol et de surcroît  sous le soleil de midi le sable fume vite grimper dans l’arbre pour voir à point levé l’astre doré au couchant rouge qui ronge l’araignée voilée sous la feuille du chêne mais ce geste n’a point échappé au bipède qui rêve d’images sans macadam sur le chemin battu de l’improvisation souvent magique le peintre dans son jardin a perdu seulement l’œil gauche mais la nature de fière allure équilibre lumières et ombres c’est pourquoi damoiselle mélomane respire le charme qui émane du musicien ou est-ce la palette du peintre car le corps damoiselle couvert de brume en écho résonne de la pureté des tons ou des embruns du clair obscure seul son visage se pare sans armure enfin le style de sa figure aussi pure qu’un trait dessiné au fusain ou d’une branche de prunus fleurie pendant ce temps monte dans l’air joie et chant de l’instant présent à jamais tracé dans le sable mouillé.

 

Par Champagne - Publié dans : Nouvelles - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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